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Européennes: l'occasion, pour le RN corse, de retrouver quelques couleurs

Les militants du Rassemblement National tractaient, hier à Ajaccio / © Viastella
Les militants du Rassemblement National tractaient, hier à Ajaccio / © Viastella

Au plan national, les sondages donnent le parti de Marine Le Pen au coude-à-coude avec la liste LREM. les militants insulaires espèrent surfer sur ce regain de forme du RN, et renouer avec des scores électoraux honorables.

Par Sébastien Bonifay

En 2015, celui qu'on appelait encore le Front National réalisait en Corse un résultat qui avait étonné tout le monde, à commencer par les militants d'extrême-droite eux-même. Plus de 10% aux territoriales, et quatre élus à l'assemblée de Corse.
Le parti de Marine Le Pen avait, enfin, l'occasion de quitter les strapontins électoraux auxquels il était cantonné en Corse depuis deux décennies. D'autant que, deux ans plus tard, aux présidentielles, le FN réalisait sur l'île un score de 48,52%, largement supérieur au score national de Marine Le Pen, 33,94%. 

Malheureusement pour les militants, cela n'a pas duré. Le désormais Rassemblement National s'est perdu dans des querelles de coulisses sans fin. Ses deux leaders, Christophe Canioni et Francis Nadizi, ont quitté le parti. Les législatives ont été peu glorieuses, moins de 12%, et lors des territoriales de 2017, Charles Giacomi, qui avait accepté de relever le défi sans grande conviction, avait réuni 3,3% des suffrages...

Aujourd'hui, sur l'île, le RN semble en perdition. 
Sur le site national du parti, la fédération de Corse est la seule où n'apparaît ni nom, ni numéro de téléphone, ni aucun contact. A peine une boîte postale, à Ajaccio, et une adresse mail...
Les corses ne sont pas vraiment mobilisés pour les européennes, dimanche prochain. Les panneaux d'affichage électoraux, à Ajaccio, en témoignent. / © Viastella
Les corses ne sont pas vraiment mobilisés pour les européennes, dimanche prochain. Les panneaux d'affichage électoraux, à Ajaccio, en témoignent. / © Viastella


Qu'en sera-t-il des européennes?

L'échéance de dimanche prochain est peut-être une chance pour le Rassemblement National corse de retrouver quelques couleurs.
Alors que Marine Le Pen, au plan national, est créditée par les sondages d'environ 22% d'intentions de vote, comme la liste présidentielle menée par Nathalie Loiseau, les militants d'extrême droite insulaires veulent y croire.
Et creusent le sillon qui a fait leur succès électoral. A l'image de Michel Leca, membre du bureau fédéral du RN:

La population va effectuer un choix entre la politique du Rassemblement National et la politique de monsieur Macron. Et nous sommes les seuls à proposer réellement quleque chose contre l'immigration, à l'inverse de monsieur Macron.

La campagne du RN en Corse n'est pas vraiment offensive, mais au plan national, voire international, Marine Le Pen occupe le terrain, comme ce week-end à Milan avec Matteo Salvini pour le rassemblement des populistes européens. Et Jean-Antoine Giacomi, qui a pris la relève de son père Charles, compte bien capitaliser sur le battage médiatique des derniers jours:

Nous avons aujourd'hui des nations qui servent une administration centrale européenne, et il faut qu'on change totalement de modèle et qu'on remette chaque citoyen, chaque nation, chaque peuple, au centre de l'Europe qu'on veut construire. 

Après les deux échecs essuyés aux législatives et aux territoriales, les militants de l'extrême droite insulaire savent que, s'ils veulent exister sur l'échiquier politique insulaire, ils doivent réussir un score au moins honorable dimanche prochain. 

Mais le passé peut leur donner quelques signes d'espoir;
En 2014, lors des élections européennes précédentes, le FN n'était pas en grande forme en Corse. Il avait pourtant rasssemblé le quart des votants, avec un score de 23,3%, pas loin des 25% atteints au niveau national.



Voici l'intégrale des 33 listes présentes pour les élections européennes:

  • Manon Aubry pour La France insoumise (La France insoumise et Gauche républicaine et socialiste)  

  • Robert de Prévoisin pour Une France royale au cœur de l'Europe (Alliance royale)

  • Renaud Camus pour La Ligne claire (Parti de l’innocence et Souveraineté, identité et liberté)

  • Florie Marie pour le Parti pirate

  • Nathalie Loiseau pour Renaissance, soutenue par La République en marche, le MoDem et ses partenaires (LREM, MoDem, Mouvement radical et Agir)

  • Hadama Traore pour Démocratie représentative

  • Florian Philippot pour Ensemble Patriotes et Gilets jaunes : pour la France, sortons de l'Union européenne (Les Patriotes)

  • Audric Alexandre pour PACE – Parti des citoyens européens

  • Dominique Bourg pour Urgence écologie (Génération écologie, Mouvement écologiste indépendant et Mouvement des progressistes)

  • Vincent Vauclin pour la Liste de la reconquête (Dissidence française)

  • Jean-Christophe Lagarde pour Les Européens (Union des démocrates et indépendants)

  • Raphael Glucksmann pour Envie d'Europe écologique et sociale (Parti socialiste, Place publique, Nouvelle Donne et Parti radical de gauche)

  • Yves Gernigon pour le Parti fédéraliste européen 

  • Gilles Helgen pour le Mouvement pour l'initiative citoyenne

  • Nicolas Dupont-Aignan pour Le courage de défendre les Français (Amoureux de la France)

  • Sophie Caillaud pour Allons enfants

  • Thérèse Delfel pour Décroissance 2019

  • Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière – contre le grand capital, le camp des travailleurs (Lutte ouvrière)

  • Ian Brossat Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent (Parti communiste français)

  • François Asselineau pour Ensemble pour le Frexit (Union populaire républicaine)

  • Benoit Hamon pour Liste citoyenne du Printemps européen 

  • Nathalie Tomasini pour À voix égales

  • Jordan Bardella pour Prenez le pouvoir, liste soutenue par Marine Le Pen (Rassemblement national)

  • Cathy Corbet pour Neutre et actif

  • Antonio Sanchez pour le Parti révolutionnaire Communistes

  • Pierre Dieumegard pour Esperanto – langue commune équitable pour l'Europe (Europe Démocratie Espéranto)

  • Christophe Chalençon pour Évolution citoyenne

  • Françis Lalanne pour Alliance jaune, la révolte par le vote

  • François-Xavier Bellamy pour l'Union de la droite et du centre (Les Républicains)

  • Yannick Jadot pour Europe Écologie (Europe Écologie Les Verts)

  • Hélène Thouy pour le Parti animaliste

  • Olivier Bidou pour Les oubliés de l’Europe – artisans, commerçants, professions libérales et indépendants – ACPLI

  • Christian Person pour Union démocratique pour la liberté, égalité, fraternité (UDLEF)

 

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