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Incendie de Notre-Dame de Paris : comment la Corse protège-t-elle ses monuments historiques ?

Le musée Fesch d'Ajaccio. / © Stéphane Agostini / AFP
Le musée Fesch d'Ajaccio. / © Stéphane Agostini / AFP

Après l'incendie qui a ravagé Notre-Dame à Paris, toutes les régions se posent des questions sur leurs propres monuments historiques. Quelles sont les conditions de sécurité appliquées aux bâtiments ? Les biens sont-ils assurés en cas de sinistre ? Éléments de réponse. 

Par France 3 Corse ViaStella

Le frère dominicain Benoît Pekle évolue au saint de la chapelle Sainte-Anne à Saint-Florent. Originaire de la région de Marseille, il a connu bien des incendies dans des lieux catholiques. 

Il pense que les représentants de l’Église doivent limiter tous les risques. Il estime : 

On ne stocke pas de vieux papiers, des morceaux de bois, des planches dans les sacristies, dans des bases de clochers, dans des placards. À partir de ce moment-là, on évacue une grosse partie des risques. 


De son côté, Abbé Georges Nicoli, prêtre de Saint-Florent, reconnaît qu’au sein de la chapelle Sainte-Anne, la sécurité est un peu minimaliste

Nous avons la signalisation pour les sorties de secours. Elles sont visibles et en état de fonctionnement. Nous avons des extincteurs un peu partout, notamment à proximité des bougies, des sorties. Il nous faudrait développer tout ce qui est système d’alarme. Personnellement, je ne peux pas le faire parce que je ne suis pas le propriétaire de l’édifice.

 
« Un emploi raisonné des moyens hydrauliques »


En Corse, même les anciennes cathédrales redevenues églises appartiennent aux communes. À Bastia, la mairie gère 14 lieux de culte et leur sécurité

Philippe Peretti, adjoint au maire de Bastia en charge du patrimoine, explique : 

Au cours de l’année 2016, nous avons eu un sinistre dans la cathédrale Sainte-Marie. C’était un petit sinistre et l’assurance a fonctionné. La ville de Bastia dépense pour ses églises, en moyenne sur les dix dernières années, entre 800 000 et 900 000 euros. Pour donner un ordre d’idées, le budget de la ville, ce sont 80 millions d’euros en volume global. 


Seuls les pompiers de Corse-du-Sud ont été formés par l’expert des interventions sur le patrimoine. « On leur dit de prendre en compte le bâtiment et son contenu. Il y a des priorités à établir, avec, par exemple pour les pompiers, un emploi raisonné des moyens hydrauliques. Mettre beaucoup d’eau sur des boiseries, des parquets, des tableaux ou encore des meubles, ça peut être dramatique, même si on n’a rien trouvé de mieux que l’eau pour éteindre le feu », souligne Stéphane Ceccaldi, officier sapeur-pompier, expert en patrimoine au service départemental d’incendie et de secours de Corse-du-Sud. 

Ces consignes seraient appliquées sur le musée Fesch à Ajaccio, et sur tous les monuments qui pourraient souffrir d’un sinistre en Corse.  


 

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