• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Langue Corse : L’exemple Diwan ?

 Manifestation pour la langue Corse devant la préfecture d'Ajaccio ce samedi 23 mars / © France 3 Corse ViaStella
Manifestation pour la langue Corse devant la préfecture d'Ajaccio ce samedi 23 mars / © France 3 Corse ViaStella

 La mobilisation en faveur de la langue Corse pose la question d’initiatives associatives et privées pour en favoriser l’apprentissage, à l’exemple des écoles Diwan en Bretagne. Malgré l'existence de ce système depuis 41 ans, la langue bretonne perd 5 à 6000 locuteurs chaque année.

Par Henri Mariani, France 3 Corse.

L’histoire débute en 1977, comme souvent par une initiative militante.
Reun L’Hostis est un militant Cgt, ce musicien Breton qui s’intéresse aux écoles associatives qui émergent dans plusieurs pays d’Europe, propose au maire de la commune de Lampaul- Ploudalmézeau de créer une garderie en langue bretonne.
Cette initiative va constituer les fondations du réseau d’écoles " Diwan" (germer, sortir de terre en breton). La première école primaire est créée en 1980, le premier collège 8 ans plus tard, et en 1994 le premier lycée " Diwan"  ouvre ses portes à Brest.
 

                                   

l'école Diwan de Saint-Pol de Léon (Finistère)
l'école Diwan de Saint-Pol de Léon (Finistère)

                

              De la maternelle au lycée

41 ans après, 4318 élèves sont scolarisés dans une école associative immersive et les effectifs ont augmenté de 20% en 5 ans selon les chiffres communiqués par le réseau. 47 écoles primaires, 6 collèges et un lycée, assurent ainsi une scolarité complète de la maternelle au baccalauréat.

L’enseignement est dispensé en langue Bretonne, les enseignants sont inspectés par l’éducation nationale comme les autres professeurs de l’enseignement public, et les élèves suivent les programmes officiels du Ministère dans toutes les matières. Le taux de réussite des "Diwan"  au baccalauréat frôle les 98%, contre 90% à l’échelon national.

Les établissements sont essentiellement des écoles  privées, sous contrat avec l’Etat qui prend en charge les salaires des professeurs. Avec un budget d’environ 5 millions d’euros par an, les écoles " Diwan " sont financées pour moitié par de l’autofinancement, des dons et des subventions. Par ailleurs, le réseau employait en 2017 environ 200 contrats aidés, menacés par la suppression de ce dispositif par le gouvernement.  
 

               De moins en moins de locuteurs


Mais en dépit du dynamisme du réseau " Diwan", la langue Bretonne perd environ 5 à 6000 locuteurs par an selon l’office public de la langue bretonne. 200.000 personnes parlent breton aujourd’hui, elles étaient 1,5 million au début du 20ème siècle toujours selon l’office.

Seuls 2% des enfants Bretons sont scolarisés dans une école " Diwan", ce qui, comme en Corse pose clairement la question du rôle de la société dans la sauvegarde de la langue. Le réseau des écoles " Diwan" a joué le rôle de courroie de transmission dans la réappropriation de la langue.

Mais l’école ne peut pas tout. Comme le rappelait justement Marceddu Jurecsek, le seul agrégé de Corse " L’école n’est pas là pour sauver la langue, si les Corses ne prennent pas leur langue en main on y arrivera pas " explique ce professeur au collège Laetitia d’Ajaccio. Pour lui il faut que les parents parlent Corse à leurs enfants, c’est la base de la transmission de la langue. 

A lire aussi

Porto : dans la famille Denizart, on travaille le corail de génération en génération

Les + Lus