Massacre des Innocents : Biancarelli ne fait pas de prisonniers...

Massacre des Innocents : Biancarelli ne fait pas de prisonniers... entretien. / © FTVIASTELLA
Massacre des Innocents : Biancarelli ne fait pas de prisonniers... entretien. / © FTVIASTELLA

4 ans après Orphelins de Dieu, le nouveau Biancarelli arrive enfin. Et Massacre des Innocents à de quoi surprendre... Une fresque barbare. Au XVIIème siècle. Au large de l'Australie. Au coeur d'une communauté hollandaise naufragée. Biancarelli n'a peur de rien. Et le prouve une nouvelle fois. 

Par Sébastien Bonifay / France 3 Corse ViaStella

En 1629 le Batavia, un trois-mâts hollandais, fait route vers les Indes néerlandaises. A son bord, plus de trois cent personnes. D'innombrables soldats et marins, mais également des hommes et des femmes de toutes conditions, désireux de s'installer dans les colonies.

Le 3 juin, pris dans une tempête, le navire fait naufrage. Et les survivants parviennent à atteindre l'archipel des Abrolhos de Houtman, au large de l'Australie. 
Les conflits qui vont naître tandis que chacun, sur l'île, va tenter de jouer sa carte, et de s'imposer à la communauté, vont aboutir à l'un des massacres les plus marquants du XVIIème siècle

Cette histoire obsède Marc Biancarelli depuis sa jeunesse. Il en avait alors lu le récit, et son souvenir ne l'a jamais quitté. Elle est au coeur de son prochain roman, Massacre des Innocents, publié le 3 janvier 2018 par Actes Sud


Un roman qui marque une nouvelle étape dans l'oeuvre de l'écrivain. Certaines de ses nouvelles, dans Saint Jean à Patmos, exploraient déjà de nouveaux horizons, mais c'est la première fois qu'un de ses romans n'a aucun lien avec la Corse. De prime abord.

Certes, l'intrigue ne prend pas place en Corse, et aucun des personnages n'en est originaire. Mais les thématiques qui hantent l'oeuvre de Biancarelli depuis Prighjuneri sont bien présentes. 

L'isolement insulaire, et ses effets, dévastateurs, sur une société. La co-existence de groupes qui ne se constituent qu'en réaction, et jamais dans le but de construire quelque chose. Et bien sûr la violence, animale, qui se déchaîne avec jubilation chez certains d'entre nous dès lors que les circonstances y sont propices. 

Le Massacre des Innocents, tableau de Cornelisz van Haarlem, 1590
Le Massacre des Innocents, tableau de Cornelisz van Haarlem, 1590

Ce qui frappe, à la lecture de Massacre des Innocents, c'est également la langue. Dans Orphelins de Dieu, déjà, Biancarelli avait adapté son style, pour coller au plus près à l'ambiance de son western crépusculaire. Ici, sa langue s'enrichit encore. Certaines scènes, par leur densité, riche de mille couleurs et odeurs, évoquent les visions dantesques de certains tableaux de Jérôme Bosch

Avec Massacre des Innocents, Marc Biancarelli offre un roman d'aventures épique et foisonnant, échevelé et tragique, qui une fois de plus, plonge aux racines du mal.
Et qui, une fois de plus, nous renvoie une image de nous qu'on préfèrerait garder enfouie.

Lors de la semaine de la sortie de Massacre des Innocents, en janvier prochain Marc Biancarelli devrait être à Bastia, pour une rencontre suivie d'une dédicace. 

En attendant, nous vous proposons de découvrir un entretien où l'écrivain nous en dit plus sur ses goûts littéraires



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