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Mis en examen pour corruption aggravée de mineurs, Jean-Marc Morandini promet de restaurer son “honneur“ de ”Corse”

© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Jean-Marc Morandini a été mis en examen pour corruption de mineur et corruption de mineur aggravée, vendredi 23 septembre. L'animateur de 51 ans a été placé sous contrôle judiciaire après les accusations lancées par deux jeunes hommes à qui il aurait fait des propositions douteuses.

Par France 3 Corse ViaStella

L'animateur Jean-Marc Morandini, pilier d'Europe 1 et aussi figure de NRJ12, a été mis en examen par un juge d'instruction pour "corruption de mineur" et "corruption de mineur aggravée", par l'utilisation d'un moyen de communication électronique.

Conformément aux réquisitions du parquet de Paris, il est placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'entrer en contact avec les victimes et d'exercer une activité professionnelle en lien avec des mineurs. Il doit par ailleurs signaler toute sortie du territoire national.

Un contrôle judiciaire "tout à fait compatible avec ses activités professionnelles", a immédiatement affirmé à la presse son avocat Patrick Klugman. Jean-Marc Morandini a passé 48 heures en garde à vue à la Brigade de protection des mineurs pour être entendu sur cette enquête ouverte depuis fin juillet et être confronté aux déclarations de ses accusateurs. "Il ne conteste rien de ce qu'il a pu faire, mais il conteste qu'il y ait eu la moindre infraction", soutient son avocat.

Autre enquête en cours

Par ailleurs, la star du PAF est au centre d'une autre affaire, accusé de "harcèlement sexuel" dans le cadre de l'enquête ouverte début août sur des castings dénudés pour sa websérie "Les Faucons", révélés par le magazine Les Inrockuptibles. L'enquête pour corruption de mineurs s'appuie sur les plaintes déposées en juillet et septembre par deux jeunes hommes, mineurs à l'époque des faits présumés. Les accusations - anciennes - ont resurgi après la diffusion de l'enquête des "Inrocks", les 13 et 20 juillet, poussant les deux jeunes majeurs à saisir la justice.

Dans la première plainte, un jeune homme âgé de 18 ans aujourd'hui affirme que ce dernier lui a fait des propositions sexuelles dans des échanges SMS, entre février et mars 2013, selon une source proche de l'enquête. Selon cette source, le second plaignant, 23 ans aujourd'hui, raconte avoir été contacté en juillet 2009 par la société de production de Morandini via un site de casting pour un projet de remake du film "Ken Park" du réalisateur américain Larry Clark, qui racontait la vie d'adolescents aux Etats-Unis entre ennui, sexe et violence. Le jeune homme explique avoir été convié, seul, au domicile de l'animateur où ce dernier l'aurait invité à poser nu pour une séance de photos.

"Pour un cas, il n'avait absolument aucun souvenir de la personne ou des échanges. Pour l'autre, il y avait des échanges mais il était parfaitement dans l'ignorance de l'âge de son interlocuteur", a relativisé l'avocat.

Pilier d'Europe 1

Jean-Marc Morandini est un franc-tireur du paysage audiovisuel français, animateur télé critiqué à ses débuts pour son ton racoleur reconverti en "décrypteur" des médias, populaire mais aussi redouté.

Depuis treize ans, Jean-Marc Morandini est un pilier d'Europe 1, aux commandes de la tranche 09H00-12H00. Une reconversion réussie à la radio pour cet homme de 51 ans au ton gouailleur, parfois agaçant mais plein d'aplomb.

Après ses premiers pas sur La Cinq, la chaîne de télé de Silvio Berlusconi, il anime de 1993 à 1997 "Tout est possible" sur TF1, une émission où il joue le rôle de grand confesseur. Critiqué pour son voyeurisme, le programme lui vaudra le mépris d'une partie de la profession et il deviendra une vedette controversée du petit écran. Après un passage par Chérie FM et Nostalgie en tant que directeur d'antenne, puis sur RMC, il se met à ausculter le microcosme de la télévision sur Europe 1 à partir de 2003. Il se voit ensuite confier trois heures d'antenne sur la station chaque matin, pendant lesquelles il aborde aussi des sujets de santé et de société, et rebâtit une image plus vertueuse de journaliste généraliste.

Parallèlement, de 2006 à 2012, sur la chaîne NRJ 12, il anime une émission sur la télévision intitulée tout simplement "Morandini !". Jonglant entre tous les médias où il intervient, en plus de son blog jeanmarcmorandini.com, à l'affût de toutes les rumeurs, "JMM" sait assurer sans complexe son auto-promotion et devient incontournable. Avec son équipe, il est extrêmement présent sur Twitter, où son compte est suivi par près de 900.000 abonnés.

Sur Europe 1, son principal employeur, son "Grand direct des médias" rassemble chaque jour plus de 1,5 million d'auditeurs, selon la radio privée, un succès attribué à l'absence de "langue de bois" du programme. Dans cette émission, dont la présentation a été pour le moment confiée à Thomas Joubert, Jean-Marc Morandini distribue bons et mauvais points à ses confrères des médias, ce qui lui a valu beaucoup d'inimitiés.

"Rien de pire que d'être lisse"

"Je suis très content de susciter des réactions. Dans ce métier, il n'y a rien de pire que d'être lisse", assurait l'animateur à l'AFP en 2015. Dos au mur depuis les révélations des Inrocks, l'homme qui anime également "Crimes" depuis 2013 sur NRJ 12, consacré aux faits divers, voit son avenir assombri.

Son arrivée prévue à la rentrée sur la chaîne iTÉLÉ (future Cnews), consécration de son ambition professionnelle, a été repoussée sine die. La collaboration avec le groupe Canal + pourrait ne pas voir le jour en cas de condamnation.

En attendant, le créneau de 18H00 à 19H00 est occupé par la journaliste Amandine Bégot. Si l'animateur s'est habitué à vivre avec les critiques, il réclame avec force "une réglementation beaucoup plus dure sur les réseaux sociaux". "Je suis totalement opposé à l'anonymat, sur Twitter en particulier. Ça permet de déverser une haine, d'insulter les gens en permanence sans qu'il n'y ait jamais aucune suite."

Réagissant aux accusations le touchant, il s'en était pris avant l'été à une autre vedette du PAF, l'animateur Marc-Olivier Fogiel, et promis de "restaurer" son "honneur" de "Corse".

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