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Miser sur la prévention pour limiter les risques d’accidents mortels du travail 

© FTVIASTELLA
© FTVIASTELLA

Michel Cavagnara, directeur adjoint de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi de Corse, était l’invité du Corsica Sera jeudi 17 janvier. Il a livré son analyse sur l’augmentation du nombre d’accidents mortels du travail en Corse en 2018. 

Par France 3 Corse ViaStella

11 personnes ont été victimes d’accidents mortels du travail en Corse en 2018. L'île est la région de France où il y a eu le plus d'accidents de ce type l'an dernier. 

Un chiffre en  augmentation, en 2017 quatre personnes sont décédées sur leur lieu de travail ou sur le chemin les y conduisant. 

Michel Cavagnara, directeur adjoint de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi de Corse était l’invité de Corsica Sera. 

 


Comment expliquer une telle augmentation du nombre d’accidents mortels du travail l’an dernier en Corse ? 
Pour expliquer l’augmentation en 2018, il faut se donner un temps de recul et un temps d’analyse pour voir les chiffres complets de la sinistralité en Corse en 2018. Et puis il faut avoir terminé tout le travail d’enquête qui est encore en cours sur un certain nombre d’accidents qui se sont produits. 

Est-ce le signe d’un relâchement ? 
Il faut un petit peu de recul pour pouvoir dire véritablement s’il y a un relâchement. Néanmoins, sur ces situations-là, on a effectivement le sentiment qu’il y a un certain nombre de situations qui correspondent à un manquement sur des mesures élémentaires qui auraient pu être prises. C’est donc des situations qui auraient pu être facilement évitées. 

De ce point de vue-là, au moins dans les situations qui ont conduit à des accidents, on peut dire qu’il y a eu un relâchement de la vigilance en matière de prévention des risques. 

Quelles sont les entreprises concernées par ces accidents mortels ? 
C’est une des caractéristiques de notre territoire, on a affaire plutôt à des petites entreprises de moins de 20 salariés. En général, se sont de petites structures, ce qui explique aussi, en partie, les difficultés de ces entreprises à structurer une véritable politique de prévention. Elles n’ont pas forcément toujours tous les moyens ou toutes les compétences.
 
Dans certains accidents du travail, on s’est rendu compte qu’une petite entreprise qui prospérait et qui se développait vite, maîtrisait son métier, mais pas forcément tout ce qui accompagne le travail au quotidien, c’est-à-dire une politique de prévention organisée et structurée. 

 
Miser sur la prévention pour limiter les risques d’accidents mortels du travail 
Intervenants - Michel Cavagnara, directeur adjoint de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi de Corse Equipe - France 3 Corse ViaStella


Comment faire pour éviter ce type de drame ? Quelles mesures allez-vous mettre en place ? De la répression avec des contrôles renforcés ? Prévention ? 
Répression, oui, c’est l’un des aspects, mais ce n’est pas le principal. Aujourd’hui, on s’est réuni avec l’ensemble des organisations professionnelles, patronales, syndicales […] l’idée est essentiellement d’axer sur la prévention. 

La prévention est une chaîne où tous les maillons sont essentiels. Parfois, il y a un relâchement sur un maillon, il faut l’identifier. C’est un travail d’ensemble qu’il faut conduire. Il y a des aspects qui relèvent de la formation. Un des aspects que l’on retrouve fréquemment dans ce type d’accident, c’est le manque d’anticipation des risques. C’est la capacité de l’entreprise à anticiper par rapport à une opération qu’elle doit conduire le type de risque et donc, évidemment, les mesures de prévention à prévoir. 

Comment faire avec de très petites entreprises ? 
C’est une des difficultés : parvenir à faire passer ces messages jusque dans les très petites entreprises. On y travaille, on va essayer de développer des approches avec les fédérations professionnelles et avec les organisations syndicales pour essayer de les atteindre. 

À Corte, lors de la réunion, on a noté l’absence du BTP, ça vous inquiète ? 
À ce jour ça ne m’inquiète pas. Je sais que les fédérations du bâtiment de Haute-Corse et de Corse-du-Sud sont très impliquées dans l’action en matière de prévention. Je ne permettrais pas d’interpréter cette absence. Ils se sont excusés, ils ne pouvaient pas, ils avaient des événements importants. Mais ils seront quand même auprès des autres partenaires. 




 

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