• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Le nodavirus, ce virus qui menace le mérou brun en Corse

Michel Marengo, de la STARESO, et le mérou victime nodavirus. / © Viastella
Michel Marengo, de la STARESO, et le mérou victime nodavirus. / © Viastella

 L'espèce du mérou en danger? Un virus mortel, le Nodavirus, attaque le système nerveux du poisson. Ce virus n'est pas transmissible à l'homme mais la situation est préoccupante pour les scientifiques... En Méditerranée, c'est le mérou brun qui est concerné.

Par Sébastien Bonifay

Le virus est présent depuis les années 1980 mais il devient plus virulent ces derniers temps, et préoccupe les scientifiques. 

D'autant qu'il n'existe aucun moyen de lutter contre le nodavirus...

A la STARESO, le centre de recherches sous-marines et océanographiques de Calvi, se trouve l'unique cas avéré de nodavirus répertorié en France.

 
La STARESO, en Balagne / © viastella
La STARESO, en Balagne / © viastella


C'est l'année dernière, au mois de novembre, que les hommes de la brigade d'opération du Parc naturel marin repèrent un mérou au comportement remarquable, au large de Saint-Florent. 
Et l'emmènent au centre de recherches pour effectuer les différentes analyses scientifiques et biométriques afin d'identifier la cause potentielle de sa mortalité.  

Laurent Riquiers, le chef d'unité du parc naturel marin du Cap-Corse et de l'Agriate, revient pour nous sur cette découverte:
 

On connaissait la problématique du nodavirus mais c'était une première pour nous de découvrir un poisson qui était touché. Dès qu'on l'a récupéré on a contacté la STARESO pour connaître la conduite à tenir, parce que quand on est face à des éléments pathogènes on doit prendre des précautions...

 
Le mérou brun, cible du virus / © Viastella
Le mérou brun, cible du virus / © Viastella


Le nodavirus est un problème national et même mondial


Il concerne une cinquantaine d'espèces, dont le mérou brun de Méditerranée.

Michel Marengo, responsable de recherche et d'études à la STARESO, a longuement étudié le specimen ramené par les agents du Parc, et connaît bien les symptômes du nodavirus. 
Des symptômes qui sont nombreux:
 

Une déperdition cutanée, un oeil vitreux, une décoloration de la peau, des troubles neurologiques chez le poisson, qui va avoir des mouvements particuliers, une désorientation, sans parler d'une augmentation de la vessie natatoire qui le fait remonter à la surface.

 
Les agents du Parc scrutent les fonds marins, à la recherche de la moindre anomalie / © Viastella
Les agents du Parc scrutent les fonds marins, à la recherche de la moindre anomalie / © Viastella


La température de l'eau mise en cause


En 2015, plusieurs cas de mortalité de mérou dus au virus ont été avérés.
Depuis, les scientifiques ont renforcé leur dispositif de surveillance et travaillent à déterminer les causes de ce phénomène 
La hausse de la température de l'eau pourrait l'expliquer en partie, à en croire Michel Marengo:
 

En surface, le long des côtes corses, la température peut monter jusqu'à 27, 28 degrés au mois d'août. Et en profondeur, à plus de 20 mètres, on a constaté des anomalies thermiques à plus de 24 degrés.
Ca peut influencer le taux de survie, le taux de virulence et le taux de transmission. 


Pour l'heure, il n'existe aucun moyen de lutter contre le virus qui affecte le mérou brun. 
Le travail des scientifiques de la STARESO sur l'espèce se poursuit toutefois sur un spectre plus large : recenser la population, étudier sa vitalité et son comportement.

 


 

Sur le même sujet

Fête de la musique : à Bastia, trois studios de répétitions mis à disposition de groupes amateurs

Les + Lus