Offensive turque en Syrie : les réactions des politiques corses en soutien aux Kurdes

Une combattante kurde des unités de protection du peuple en mars 2019. / © Delil SOULEIMAN / AFP
Une combattante kurde des unités de protection du peuple en mars 2019. / © Delil SOULEIMAN / AFP

La Turquie a lancé une offensive en Syrie mercredi 9 octobre. Elle vise des secteurs tenus par la principale milice kurde du pays, les unités de protection du peuple, considérée comme terroriste par Ankara. En Corse, les politiques ont réagi en soutien aux Kurdes notamment sur les réseaux sociaux. 

Par A.A / France 3 Corse ViaStella avec AFP

130.000 personnes déplacées selon l’ONU et 150 morts. Le bilan humain de l’offensive turque en Syrie s'alourdit de jour en jour. 

Lancée mercredi, l’opération vise des secteurs tenus par la principale milice kurde présente dans le nord de la Syrie, les unités de protection du peuple (YPG), considérée comme terroriste par Ankara. 

Les Occidentaux, eux, louent le rôle des YPG dans la bataille menée contre Daech, l’opération militaire a ainsi suscité un tollé international. En Corse, de nombreux politiques ont notamment réagi sur les réseaux sociaux en soutien aux Kurdes. 
 

Le peuple courageux


Tout en soulignant la lutte menée contre Daech, certains mettent en avant un peuple « indépendant privé d’État », comme Paul-Félix Benedetti, chef de file du mouvement Core in Fronte et Jean-Christophe Angelini, président de l’agence de développement économique de la Corse. 
 
 
 

Passivité occidentale ? 


Tous s’inquiètent d’une possible passivité de l’Occident plus particulièrement de l’Union européenne. « L'Europe doit se rappeler de qui l'a soutenue dans ce combat [contre Daech]», souligne le mouvement nationaliste Core in Fronte.  

 

« Terrible d’imaginer que l’occident pourrait abandonner ce peuple à son sort », écrit François Tatti, président de la communauté d’agglomération de Bastia.
 
 

Un risque d'évasion de djihadistes ? 


Une semaine après le début de l'offensive, les autorités kurdes ont annoncé la fuite de près de 800 proches de djihadistes étrangers du groupe État islamique d'un camp de Syrie, à proximité des combats qui opposent forces kurdes et pro-kurdes. 

Une question abordée par Jean-Jacques Ferrara, mardi 15 octobre, à l'Assemblée nationale. S'adressant au Premier ministre, le député de Corse-du-Sud s'interroge notamment sur « le nombre de djihadistes, notamment français, détenus dans ces camps » et sur « les précautions prises notamment face au risque d'évasion. »

 


Dans sa réponse, Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, a annoncé qu'il rendrait en Irak pour discuter avec les autorités du pays et kurdes de la sécurité des camps où sont détenus les djihadistes étragers. 
 

« Le comportement de Trump est ignoble »


À l’annonce de l’offensive turque en Syrie, le président américain Donald Trump a donné son feu vert. Il a notamment annoncé le retrait des troupes américaines stationnées côté syrien de la frontière avec la Turquie. 

S’il a ensuite annoncé qu’il tenterait d’organiser un cessez-le-feu entre les deux belligérants, son positionnement a été perçu comme une trahison par les Kurdes. Ce que lui reprochent aussi les politiques corses. 

« Cette invasion "Turco-Djihadiste" est inacceptable. Le comportement de Trump est ignoble. Nous devons faire preuve du plus grand soutien à ce peuple kurde courageux », indique Jean-Félix Acquaviva, député de Haute-Corse dans un tweet. 

 


François Orlandi, conseiller territorial Andà per Dumane écrit : « Le peuple kurde ne doit pas être abandonné par l’Occident, Trump est une fois de plus le mauvais exemple.»

 
 
Dans un communiqué, la Fédération du PCF de Corse-du-Sud, estime dans un communiqué : "Les Kurdes, artisans de la lutte contre l'Etat Islamique et l'une des principales forces de paix démocratique dans la région, sont seuls, trahis par la coalition, face à la barbarie et l'obscurantisme."Le parti appelle à un rassemblement de solidarité à Ajaccio devant la préfecture mercredi 16 octobre à 18h, "en solidarité pour le peuple kurde, qui aspire à vivre libre."

Vers des sanctions contre la Turquie ? 


Les cinq pays européens siégeant au Conseil de sécurité de l’ONU, réuni en urgence en fin de semaine, ont exigé l’arrêt de cette « action militaire unilatérale ». La France a annoncé que les Européens examineraient « la semaine prochaine » la possibilité de sanctions contre la Turquie. Les Pays-Bas ont d’ores et déjà annoncé qu’ils suspendaient toute nouvelle exportation d’armement ver la Turquie. 

En réponse, le président turc Erdogan a menacé d’envoyer en Europe des millions de migrants accueillis par la Turquie après avoir fui la guerre en Syrie.  


 

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