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Pierre Acquaviva explique sa démission de la chambre d'agriculture : « Il y a eu une confusion des enjeux »

Le viticulteur avait été élu à la présidence de la chambre régionale d'agriculture le 15 mars dernier. / © FTViaStella / Eloïsa Patricio
Le viticulteur avait été élu à la présidence de la chambre régionale d'agriculture le 15 mars dernier. / © FTViaStella / Eloïsa Patricio

Pierre Acquaviva, ex-président de la chambre régionale d'agriculture, revient sur les évenements qui ont mené à sa démission, le 24 juillet.

Par Axelle Bouschon - propos recueillis par Florence Antomarchi

Pierre Acquaviva a démissionné de son poste de président de la chambre régionale d'agriculture le 24 juillet.

Un départ qui met un terme à plusieurs semaines de tension, et qui prend place à peine plus de 4 mois après son élection, le 15 mars dernier.

Viticulteur en Balagne, et président du groupement intersyndical des vins AOC de Corse, Pierre Acquaviva devait permettre de surmonter  les divisions particulièrement vives entre les deux chambres départementales nord et sud, bien que dirigées par des majorités de même affiliation FDSEA.   

Il  revient pour France 3 Corse Via Stella sur les conditions de cette rupture. 
 

Mission d'unification



Lorsqu'il est élu à la majorité absolue, le 15 mars dernier, Pierre Acquaviva défend un programme clair :

« Il fallait mettre en place l’institution. La chambre régionale existe depuis très longtemps, mais les pouvoirs publics nous demandent maintenant de la faire monter en charge. »

Le candidat est alors envisagé comme un homme de dialogue entre les deux chambres régionales, capable de faire le trait d'union entre le Nord et le Sud et les filières animales et végétales :

 Les deux chambres départementales étaient tenues par deux éleveurs, et moi, je représentais le monde végétal. J’avais donc en quelque sorte une position de compromis, dans un univers relativement divisé, et qui pouvait faire la jonction.


Entre mars et juin, il élabore un projet d’accord :

 « Je me suis attaché à faire cela dès mon élection. Nous sommes finalement arrivés à un accord, qui était clair, précis, et répartissait les prérogatives au sein de la régionale entre les équipes qui avaient gagnés les élections et les GR d’Haute-Corse qui rentraient dans le bureau de la chambre régionale »

 

Gouvernance compromise



Mais le 27 juin, lors d’une assemblée générale, l’accord vole en éclats.


 Dès le début de la session, le président de la chambre départementale de Haute-Corse, Joseph Colombani, a précisé publiquement qu’il ne se reconnaissait pas dans l’accord qui avait pourtant été largement discuté. 


Une  situation qui met à mal sa gouvernance.

« A partir de là, c'est devenu très compliqué. La montée en responsabilité de la chambre régionale était compromise. Je n’avais plus de marche de manœuvre, et ma parole, que j’avais engagée sur la base d’échanges successifs entre le Nord et le Sud, était discréditée. »

Pour l'exploitant agricole, les raisons de cette échec tiennent d'une « confusion des enjeux » :

 Les enjeux de pouvoir ont pris le dessus sur les enjeux du devenir de l’agriculture. 

 

Et après ? 



En ce qui concerne le devenir des chambres agricoles après son départ, s'il veut espérer, Pierre Acquaviva n'est en l'état des choses pas optimiste.

A l'heure actuelle, les chambres régionales ne sont pas encore pleinement opérationnelles. 

L'objectif à terme est d'organiser la fusion entre les chambres départementales. Mais la perspective de redistribution du « pouvoir » entre organismes perturbe les réflexions stratégiques. 

Pourtant, l'attente pour la mise en fonctionnement d'une vraie chambre régionale d'agriculture est bien là, souffle Pierre Acquaviva.

Aussi bien de la part de la région que de celle du Ministre de l'Agriculture, passé en Corse au début du mois de juillet.

Mais quant à la forme qu'elle prendra, il n'en est pas certain :

« Aura-t-elle des missions larges, sera-t-elle un vrai outil de réprésentation optimisée des professionnels dans les instances de réflexion et de décision, ça je dois dire que je le souhaite, mais aujourd’hui, on n’en prend pas le chemin. »

 
 

Nouvelles élections



Contacté, Stéphane Paquet président de la chambre départementale de Corse du Sud, est resté injoignable.

Joseph Colombani, président  de la chambre de Haute Corse et mis en cause par cette démission ne souhaite quant à lui pas réagir.

Pas plus que le président de l’Office de développement agricole de la CdC (ODARC), Lionel Mortini.



 
De nouvelles élections pour la présidence de chambre régionale doivent intervenir règlementairement un mois après la réception du courrier de démission à la préfecture, ce qui n’est pas encore le cas ce jour. 

Quant au rendez-vous prévu le 5 septembre entre Edouard Philippe et les trois présidents de chambre, il faudra trouver un remplaçant…
 

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