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Pourquoi la Corse n’accueille pas de migrants ?

Pourquoi la Corse n’accueille pas de migrants ?
Jean-Philippe Legueult, secrétaire général préfecture de région; François Tatti, président de la Communauté d'agglomération de Bastia; Jean-Félix Acquaviva, maire de Lozzi, conseiller exécutif - France 3 Corse ViaStella - Florence Antomarchi, Benjamin Bonte

Dans le plan de démantèlement de la "jungle" de Calais, la Corse est la seule région –avec l’Ile-de-France- à ne pas accueillir de migrants. L'Etat qui conduit ce dispositif d'urgence explique cette absence par un surcoût lié à l’insularité et l'inexistence de structures d'accueil.

Par France 3 Corse ViaStella


Avec le démantèlement du plus grand bidonville de France, des centres d'accueil et d'orientation ont ouvert dans les 12 régions françaises, hors Corse, pour accueillir ses 6.400 à 8.100 habitants (selon les sources), venus pour la plupart d'Afghanistan, du Soudan ou d'Erythrée avec le rêve de traverser la Manche.

Pas de guichet unique en Corse

Dans le dispositif qui vise à répartir hommes seuls, familles ou personnes vulnérables à travers la France, l'Etat explique que si la Corse n’accueille pas de migrants c’est que la région ne dispose pas de guichet unique.

Administrativement, c’est en effet la première démarche du demandeur d’asile. Il doit s’y enregistrer. Le guichet unique est composé d’agents de la préfecture et d’agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Il en existe 34 répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain, mais aucun en Corse.

La Corse, c'est cher

Mais pour l’Etat, c’est aussi l’insularité qui isole la Corse du dispositif d’accueil.

"Il aurait fallu les faire venir jusqu’en Corse, pour ensuite une fois qu’on les avait accueillis dans un centre d’accueil et d’orientation, les faire retourner sur le continent pour faire un certain nombre de démarches administratives", explique Jean-Philippe Legueult, secrétaire général de la préfecture de Corse du Sud.

Trop cher donc, et pas de structures. Pourtant pour pallier à ce problème de logistique dans d'autres régions isolées, ce sont les fonctionnaires des guichets uniques qui se déplacent. Rien de tel en Corse.

La Corse terre d'asile?

Depuis 1995, le nombre de demandes d’asile stagne à 5 ou 6 par an en Corse. La Creuse, la Lozère ou l’Ardèche, régions très comparables à la Corse, ont eu dans les années 90, le même nombre de demandes d'asile. Depuis la situation a évolué vers davantage d'accueil.

En 2014, 33 dossiers de primo arrivants ont été ainsi acceptés en Ardèche, selon l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides).

La Cimade, défenseur historique du droit des réfugiés avait initié avec des associations corses fin 2015 un projet de réseau d'accueil, interrompu depuis.

En octobre 2015, l’Assemblée de Corse, sous la présidence du communiste Dominique Bucchini, avait adopté à l’unanimité une délibération portant sur l’accueil de 200 personnes sur deux ans.

En Corse, un seul maire avait alors déclaré son village candidat.

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