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Quand la Corse était la terre d’accueil de milliers d’étrangers déplacés par la guerre

© Isidore Aubert 1916
© Isidore Aubert 1916

« Corse terre d’accueil, terre d’exil 1914-1916 » retrace le parcours de prêt de 13 000 étrangers, arrivés dans l’île à cause de la guerre. Son auteur, Simon Giuseppi, y révèle leurs conditions de vie à travers un travail d’archives remarquable.

Par France 3 Corse ViaStella

Sur un bout de trottoir, ajaccien samedi, une page d'histoire mondiale, un livre et son auteur aux yeux pétillants de curiosité vibraient.
Entre 1914 et 1920, alors que l’Europe s'éventre, l'ouvrage raconte l'arrivée et l'accueil dans l'île de 13 000 étrangers déplacés par la guerre. Dont 5 000 Serbes, victimes de l'empire austro-hongrois.

Mars 1916, en voilà qui arrivent au cœur d’Ajaccio. « C’est la rencontre entre des réfugiés serbes qui débarquent des Balkans, accueillis sur le port le préfet qui a aidé énormément ces réfugiés. Il a joué un grand rôle avec sa femme à trouver le financement pour le logement, pour nourrir, pour habiller ces pauvres qui sont partis de Serbie sans rien », précise Simon Giuseppi, auteur de l’ouvrage.

© Isidore Aubert 1916
© Isidore Aubert 1916


Et puis des réfugiés syriens juifs, des prisonniers de guerre turcs ou bosniaques et d'autres civils allemands. Ils sont accueillis ou détenus dans des couvents souvent, d'Oletta à Coti-Chiavari, de Luri à Corte. 11 villages au total.

« Les étrangers étaient les bienvenus »


Partout, ils deviennent agriculteurs, cordonniers, boulangers. « Les Corses se battaient pour avoir des étrangers à leur service parce que toute la jeunesse était partie à la guerre. Donc dans les administrations, dans les sociétés, les commerces, dans les fermes, on avait besoin de main d’œuvre. Les étrangers étaient les bienvenus », continue l’auteur.


© Isidore Aubert 1916
© Isidore Aubert 1916


Des clichés remarquables et des dessins réalisés sur place par les réfugiés ont été retrouvés par l’écrivain, mais aussi des extraits de mission de la Croix-Rouge. On lit, à part quelques heurts, le sentiment de bienveillance des villageois.

Une ou deux familles, seulement, d'après Simon Giuseppi seraient restées dans l'île, les autres ont repris dès que possible le chemin retour de leur exil. Un travail colossal et totalement original publié par Alain Piazzola.




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