Luigi de Simone, patron-pêcheur à Bastia, arrive dans le vieux port à 16 heures. Il sort de son bateau des poissons, des calamars, des écrevisses qu’il va vendre immédiatement. Mais dans ses filets il remonte aussi des sacs plastiques et il se demande qui peut agir.

« Quand il y a un vent fort et que les poubelles sont emportées en mer, qui va réparer pour tout ça ? Tout le monde à sa part, les bateaux parfois jettent des poubelles entières à la mer », s’indigne-t-il.

La Méditerranée reçoit chaque jour, 700 tonnes de déchets plastiques. Soit, au bas mot, 200 000 tonnes par an. La Méditerranée orientale est la plus concernée, côté ouest, la Corse est plus protégée mais les courants orientent ces déchets vers le Cap Corse ou encore vers le sud d’Ajaccio.

Quelles sont les conséquences de la pollution liée aux sacs plastiques en Méditerranée ?

Intervenants : Luigi de Simone Patron-pêcheur à Bastia ; François Galgani, Responsable de l'ifremer Corse. Reportage : NICOLAS Pierre ; BANSARD Daniel ; GINESTE Christophe



Des questions autour du transport d’espèces


Faut-il pour autant que les professionnels de la pêche, de l’aquaculture ou de l’ostréiculture s’inquiètent ? Pour les scientifiques de l’Ifremer, c’est prématuré. « Le risque est très limité par ce que l’on sait maintenant que tout ce qui est ingéré, un peu comme chez l’homme, tout ce qui est ingéré ne va pas être gardé.

Ça ne va pas être gardé dans les tissus, ça ne va pas être transféré dans la chaîne alimentaire et dont il y a une excrétion au bout de quelques heures ou de quelques jours en fonction que l’on considère le plancton, les huitres et les poissons. Il y a peu de risque d’ingestion de grande quantité de plastique
», indique François Galgani, responsable de l'Ifremer Corse.

Mais il y a de vraies questions scientifiques autour du transport des espèces. Ces dernières, transportées par les déchets plastiques sont notamment des algues ou des animaux unicellulaires, voire des bactéries qui pourraient un jour devenir pathogènes. L’Ifremer les traque avec l’aide de l’université de Corse sur les côtes insulaires.