Rétrospective 2017 : la culture s'empare du fait politique

© France 3 Corse
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La fin de l'année approche, il est temps de jeter un coup d'oeil dans le rétroviseur. Pour la première rétropective, focus sur les moments culturels qui ont marqué l'année 2017. 

Par France 3 Corse ViaStella

En 2017, année électorale, si les élus se sont désintéressés de la culture, à l’inverse, les acteurs culturels se sont emparés du fait politique. Au cinéma, « Une vie violente » délie la parole et révèle le tragique de certains militants. Le film a trouvé son public sur l’île et a rayonné bien au-delà. Il a d’ailleurs débuté sa vie au Festival de Cannes après avoir été sélectionné à la semaine de la critique.

Thierry de Peretti inscrit son histoire dans la Corse des années de plomb, celle des années 1990. L’écrivain Marceddu Jureczek, lui, a choisi l’affaire Bastelica Fesch au début des années 1980 comme toile de fond de son roman « Chi un sia fattu di guai ». Il y dénonce la perte de sens d’une société qui se vautre dans la consommation à outrance. La perte de sens est aussi au cœur d’  « ultimus » la parabole écrite et mise en scène par Saveriu Valentini. Ce militant culturel vient au théâtre pour observer l’état du monde, un état de guerre permanent.

Rétrospective culture 2017
Intervenants : Elie Cristiani Plasticien ; François Orsoni Metteur en scène ; Francis Pallenti Membre historique du Tavagna Club ; Mohamed Jouablia Président de l' Assocation Populaire des Tunisiens et Amis de Corse ; William Boyle Romancier ; Ken Loach Cinéaste. Reportage : LEONI Delphine ; LUCCIONI Mattea


Et quel peut-être le sens de cette décision ? Une sculpture contemporaine jetée dans une déchetterie sans en informer l’artiste, Elie Cristiani, au prétexte qu’elle était dangereuse. Les responsable de la CTC, propriétaire de l’œuvre, ont présenté leurs excuses et dit ne pas comprendre la chaîne de décisions qui a conduit à la destruction de l’œuvre. 2017 a aussi l'occasion pour les acteur de la scène théâtral de tirer la sonette d'alarme. Le metteur en scène François Orsoni interpelle les élus pour que les compagnies théâtrales de Corse ou d’ailleurs puissent répéter, créer, jouer dans des conditions correctes. Il milite pour la rénovation du théâtre Kallisté.

Invités prestigieux


D’autres lieux d’échanges, au contraire, grandissent et survivent. En 2017, le "Tavagna Club" a soufflé 50 bougies et lutte toujours contre la désertification de sa microrégion grâce à la culture. À Pigna, le centre Voce devient centre national de création musicale. Un label qui inscrit l’établissement dans un vaste réseau de lieux de création et de diffusion.

2017 a aussi été marquée par les initiatives naissantes. À Ajaccio, l’infatigable militant culturel Carmin Belgodère a créé Scola di musica populare, un lieu de rencontres autour de la musique corse et méditerranéenne. Une bulle d’oxygène dans un air vicié par les replis communautaires. Cette année a été organisé le premier festival des cinémas du Maghreb qui correspond aux mêmes besoins, soit la création d’un lien social et la découverte d’une culture millénaire à travers ses films.

La Corse a aussi accueilli des invités prestigieux cette année, à commencer par le réalisateur Ken Loach à Bastia lors du festival du film britannique. Il n’a d'ailleurs pas manqué de se rendre dans un des hauts lieux de la culture corse : le stade de Furiani. En septembre, c’était au tour des Insus de livrer un concert électrique au Casone d’Ajaccio. Les ex Téléphone n’avaient pas joué dans l’île depuis 1979.

En 2017, des voix se sont tues celle au teint velouté de Marco Guillaume un des derniers témoins des longues nuits du « Cabanon bleu », ainsi que celle de Jacky Micaelli, grande dame de la culture corse.


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