Le rapporteur public demande le rejet du changement du statut pénitentiaire d'Yvan Colonna

Vue aérienne de la zone industrielle Nord d'Arles et de la maison d'arrêt où est détenu Yvan Colonna. / © PHOTOPQR/LA PROVENCE/ MaxPPP
Vue aérienne de la zone industrielle Nord d'Arles et de la maison d'arrêt où est détenu Yvan Colonna. / © PHOTOPQR/LA PROVENCE/ MaxPPP

Le Conseil d'État a examiné vendredi le statut pénitentiaire d'Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l'assassinat en 1998 du préfet Claude Erignac et qui demande la levée de son inscription sur le registre des détenus particulièrement signalés (DPS).

Par France 3 Corse ViaStella avec AFP

Le rapporteur public - qui dit le droit et dont les avis sont généralement suivis - a demandé le rejet de la demande d'Yvan Colonna, qui est emprisonné sous ce statut depuis 2003. Son inscription sur le registre des DPS est réexaminée tous les ans et a toujours été reconduite.

"C'est une reconduction systématique: le renouvellement est toujours motivé de la même manière", a dénoncé à l'audience l'avocat d'Yvan Colonna, Patrice Spinosi.

Selon lui, "le statut de DPS d'Yvan Colonna est justifié par les causes de son incarcération et le fait qu'elle soit en lien avec la mouvance corse".

Le premier recours contre son inscription sur le registre DPS a été déposé en 2012, un an après sa condamnation définitive.

"Le rapporteur public dit que ce statut n'a pas de conséquence sur la détention, mais c'est faux", a affirmé Me Spinosi. "Ce statut de DPS nécessite d'être emprisonné dans une maison centrale, de haute sécurité, ce qui n'est pas le cas du centre pénitentiaire de Borgo" en Corse, a dit l'avocat.

"C'est plutôt un détenu modèle et il n'y a pas de risque d'évasion", a plaidé Me Spinosi. Yvan Colonna, détenu à Arles, est selon lui "susceptible d'être libéré dans trois ans" et "il veut pouvoir préparer sa sortie".

Le Conseil d'Etat devrait rendre sa décision d'ici quelques semaines. 

La question du rapprochement des prisonniers corses​

Parmi les revendications majeures des nationalistes récemment élus à l'Assemblée de Corse figurent la question du rapprochement des prisonniers corses afin qu'ils purgent leur peine à la prison de Borgo, au sud de Bastia et l'amnistie de la vingtaine de détenus qu'ils considèrent comme des "prisonniers politiques".

Mardi, Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur et "Madame Corse" du gouvernement, a confirmé que le rapprochement des prisonniers corses et leur transfert sur la seule prison de l'île, à Borgo, était "possible", et à l'étude actuellement.

"La chancellerie étudie au cas par cas la situation de ceux qui sont actuellement emprisonnés sur le continent, en fonction de leur durée de peine, de leur comportement".

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