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Tempête Adrian : faudra-t-il revoir les règlements d’urbanisme liés au littoral corse ? 

Le Week-end (Ajaccio, Corse du Sud) au lendemain de la tempête Adrian. / © Fanny Ottavy / FTVIASTELLA
Le Week-end (Ajaccio, Corse du Sud) au lendemain de la tempête Adrian. / © Fanny Ottavy / FTVIASTELLA

L'état des lieux de la tempête Adrian est toujours en cours, trois jours après les intempéries. Ses dégâts posent une nouvelle fois des questions sur l'aménagement du territoire et en particulier du littoral. 

Par France 3 Corse ViaStella

À Saint-Florent, c’est le calme après la tempête. Mais Christian Novella, membre de l'association U Levante, n'est pas dupe. 

Il est sûr qu’il y aura d'autres tempêtes comme Adrian. Et il n'est pas surpris par les terribles dégâts constatés sur les côtes corses. « Il y a eu une inflation extraordinaire en construction sur le littoral. Donc stop, danger ! Il faudrait que l’on se soucie un peu de la sécurité des gens, et que l’on fasse attention et de ne pas sacrifier à de la spéculation ou de l’investissement et du profit », soutient-il. 

 


Ports dévastés par les vagues, paillotes et maisons détruites, centres villes balayés par des mini-tornades… Les derniers jours ont montré la fragilité du littoral corse. Un littoral qui se développe de manière anarchique

Ce développement, ancré dans les habitudes, est dénoncé par l’ordre des architectes corses. « Sur l’urbanisme, on a l’impression que l’on raisonne toujours sur un ancien modèle. Aujourd’hui, le contexte économique, culturel, la question des risques qui devient prépondérante et les problématiques environnementales imposent ce que l’on pourrait appeler un changement de logiciel », estime Sébastien Celeri, président de l'ordre régional des architectes. 

 
Tempête Adrian : faudra-t-il revoir les règlements d’urbanisme liés au littoral corse ? 
Intervenants - Christian Novella, U Levante ; Sébastien Celeri, Président de l'ordre régional des architectes ; Louis Pozzo di Borgo, Adjoint à l'urbanisme à la mairie de Furiani ; Gérard Gavory, Préfet de Haute-Corse. Equipe - Sébastien Bonifay ; Typhaine Urtizverea ; Corinne Merciardi ; Ramsey Kinany.
 

« Nous courrons à de vraies catastrophes »


Ce changement de logiciel, certaines communes commencent à l'intégrer. À Furiani, en 2016, le ruisseau Saint-Pancrace s'était transformé en fleuve. Il avait inondé le centre commercial voisin. 

Depuis, des aménagements ont été effectués, mais il faudra faire plus. « Il va falloir changer notre approche de l’urbanisation, être plus sages, avoir un vrai respect de toutes les règles parce que sinon je pense que nous courrons à de vraies catastrophes. Les mairies ont aujourd’hui conscience de ce phénomène, et je pense que tous les documents qui vont découler à l’avenir en tiendront compte », indique Louis Pozzo di Borgo, adjoint à l'urbanisme à la mairie de Furiani. 

 


Du côté de l’État, il existe déjà un plan de prévention des risques. Il encadre les documents d'urbanisme. Mais pour le préfet de Haute-Corse, ces risques ont augmenté et il faudra s'adapter. « Nous sommes en train de réviser toutes nos prévisions sur toute la côte. C’est un travail important, qui prendra du temps. Il faudra que l’on révise tous les plans locaux d’urbanisme pour prendre en compte ce risque », précise Gérard Gavory, préfet de Haute-Corse. 

Un changement en profondeur compliqué à mettre en œuvre, mais souhaitable. Il permettrait d’éviter, qu’en Corse, une prochaine tempête ne produise les mêmes dégâts, voire pire.



 

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