Territoriales en Corse : ce que disent les éditorialistes

Le regard des éditorialistes au lendemain du premier tour des élections territoriales en Corse. / © FTVIASTELLA
Le regard des éditorialistes au lendemain du premier tour des élections territoriales en Corse. / © FTVIASTELLA

La presse se fait l'écho des résultats du premier tour des élections territoriales en Corse, qui a vu dimanche les nationalistes de la majorité sortante arriver en tête du scrutin. 

Par Grégoire Bézie / France 3 Corse ViaStella

Pour Le Figaro l'un des seuls quotidiens a en faire sa Une ce lundi, "les Corses peuvent se targuer de faire la leçon au continent",  écrit Yves Thréard dans l'édito du quotidien.

"C'est donc aux nationalistes que la préférence a été donnée après une vague de +dégagisme+ électoral ces dernières années, qui n'a pas profité au mouvement d'Emmanuel Macron".

Territoriales en Corse : ce que disent les éditorialistes
Rportage : ROSSI Stella ; SEBAYHI Alexandra.


La coalition nationaliste de Gilles Simeoni et de Jean-Guy Talamoni est arrivée largement en tête dimanche au premier tour des élections territoriales en Corse avec 45,36% des voix, tandis que la liste de la République en Marche conduite par Jean-Charles Orsucci est sortie après les deux listes de droite, avec 11,26% des suffrages. 

03/12/2017 - Le tête de file de la coalition nationaliste, l'autonomiste Gilles Simeoni au soir du premier tour des électins territoriales en Corse. / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
03/12/2017 - Le tête de file de la coalition nationaliste, l'autonomiste Gilles Simeoni au soir du premier tour des électins territoriales en Corse. / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

"Une dérive vers un destin plus souverain"

Un "raz de marée des nationalistes", qui place la Corse à un croisement de son histoire politique, avertit Jean-Michel Bretonnier (La Voix du Nord. "(...) Le second tour sera crucial pour les Français de Corse et ceux du continent. L'Île se prononcera pour un ancrage dans la République ou pour une dérive vers un destin plus souverain".

L'éditorialiste voit derrière le sage discours autonomiste des vainqueurs du premier tour, une manœuvre pour préserver l'électorat d'un discours plus radical et d'une envie d'indépendance mal dissimulée.

"Les têtes de file de la liste nationaliste, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, prennent bien soin de ne pas évoquer l'hypothèse indépendantiste à court terme pour ne pas effaroucher. Ils savent que ni l'opinion, ni l'économie corse ne sont aujourd'hui prêtes. Mais c'est bien là l'horizon, pour certains."

Territoriales - Des militants de la liste nationaliste corse "Pè a Corsica" lors d'un meeting le 29 novembre 2017 / © OLIVIER SANCHEZ/EPA/Newscom/MaxPPP
Territoriales - Des militants de la liste nationaliste corse "Pè a Corsica" lors d'un meeting le 29 novembre 2017 / © OLIVIER SANCHEZ/EPA/Newscom/MaxPPP

Attention au "dérapage +catalaniste+"

Une dérive catalane qu'il faut éviter, écrit Jean-Michel Helvig (La République des Pyrénées), "(...) la domination majoritaire des nationalistes corses sur toutes les autres forces politiques, dont aucune ne dépasse 15%, les placent en excellente position pour maintenant faire valoir auprès du gouvernement l'évolution du statut qu'ils réclament vers plus de compétences propres pour leur collectivité territoriale. Tout en sachant qu'un dérapage +catalaniste+ leur coûterait cher."

Florence Chédotal (La Montagne/Centre France) souligne quant à elle le fort taux d'abstention du premier tour, plus de 47%, non sans sourire. "(…) pour ce quatrième scrutin en deux ans sur l'île de Beauté, les chutes de neige ont fini de décourager le Corse de sortir de chez lui. À l'arrivée, le fort taux d'abstention a même de quoi faire taire ceux qui prétendent qu'en Corse on fait voter les morts." Les clichés ont la vie dure. 


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