Territoriales : les raisons de l’échec de la gauche

Territoriales - L'avenir, la Corse en commun, seule liste à gauche pour ses militants / © FTVIASTELLA
Territoriales - L'avenir, la Corse en commun, seule liste à gauche pour ses militants / © FTVIASTELLA

La liste de gauche menée par Jacques Casamarta a été éliminée au premier des élections territoriales. Pourtant dans les années 1960 et 1970 cette gauche proposait des idées pionnières dans certains domaines. Comment est-elle arrivée à l'échec de 2017 ? Éléments de réponse.

Par France 3 Corse ViaStella

La forte abstention lors du premier tour des élections territoriales, marque déjà l’échec de la gauche. Le démarrage tardif de la campagne de la seule liste en course, avec beaucoup de discussions autour des candidats, mais aussi ce qui est appelé « le coup de poignard » de Jean-Luc Mélenchon en pleine campagne, peuvent expliquer, en partie, cet échec.

Pour ce qui est du parti communiste et de son influence sur l’île force est de constater que le parti des fusillés n’imprime plus sur le terrain. Pourtant, dans les années 1960 et 1970 il est précurseur dans certains domaines, celui de la langue corse ou encore de l’université.
« Ils ont été précurseurs mais ils ont été dans leur pesanteur constitutive. Avant de prendre des décisions sur la Corse, il devait sans doute, falloir en référer au bureau politique, je ne sais pas comment on peut appeler ça, qui devait donner son avis », estime Jacques Renucci, journaliste Corse net infos. 

Territoriales : les raisons de l’échec de la gauche
Intervenant : Jacques Renucci, journaliste à Corse net infos. Reportage : CRISTIANI Marie ; Guespin Thierry ; Mordin Anastasia.


Des réformes dans le sens nationaliste


Au fil des mandatures, où entre 1982 et 2015 la gauche va osciller entre 24 et 10 élus, il faudra obligatoirement passer par des accords. « C’est une gauche d’alliance donc dans la logique de prendre le pouvoir, pas dans une logique idéologique. La logique de prendre le pouvoir, on l’a vue avec les socio-démocrates, on l’a vue avec les radicaux de gauche, dans des rapports de force où le parti communiste est toujours minoritaire », continue Jacques Renucci. 

L’alliance de 2010 qui aboutira à la fusion des quatre listes de gauche au second tour amènera à la victoire. Paul Giacobbi à l’exécutif, Dominique Bucchini à la tête de l’Assemblée. Ce pouvoir pouvait-il s’installer ?

« On aurait pu croire que ce pouvoir allait s’installer, mais ce pouvoir a été victime de lui-même. Déjà, le fait que Dominique Bucchini avec Giacobbi ça ne passait pas chez certains communistes. En même temps ce pouvoir-là a quand même œuvré dans le sens des réformes », explique le journaliste. Des réformes qui ont été dans le sens du nationalisme. « Mais il faut croire qu’à un moment cette double appartenance ça ne marche pas. On ne peut pas être à la fois corsiste et élu dans des partis classiques français », complète Jacques Renucci. 

La très forte abstention lors de ces élections 2017 ouvre un chantier de reconquête à la gauche. Mais après avoir abandonné le terrain depuis bien longtemps, avec qui ? Et comment ?


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