Transports aériens: la Corse épargnée par l'écotaxe

© MaxPPP
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La mesure, ce matin, a provoqué un véritable tollé dans le milieu du transport aérien. Une écotaxe sera appliquée sur les billets d'avion dès 2020. De 1,5 à 18 euros. Seules la Corse et l'outre-mer seront exonérées de cette nouvelle taxe. 

Par Sébastien Bonifay

La soudaineté de l'annonce faite par la ministre des transports, Elisabeth Borne a surpris tout le monde. 

A partir du 1er janvier prochain, pour voyager en avion depuis un aéroport français, il faudra s'acquitter d'une taxe. 

La mesure a été prise lors du deuxième Conseil de défense écologique, présidé par Emmanuel Macron. 

 

La ministre des Transports Elisabeth Borne - Septembre 2018 / © Ludovic MARIN / AFP
La ministre des Transports Elisabeth Borne - Septembre 2018 / © Ludovic MARIN / AFP



La majoration de la facture ira de 1,5 euro en classe éco pour les vols intérieurs, à 18 euros pour les vols long-courrier en classe affaires.

Le gouvernement table sur 182 millions d'euros par an de gain, qui seront dédiés aux infrastructures de transport plus écologiques, telles que le train. 

Toutes les compagnies aériennes, qu'elles soient françaises ou étrangères, seront taxées.
Et inutile de dire qu'elles n'en sont pas ravies.  

 

Pour les écologistes, un moyen de transport peut en remplacer un autre... / © IP3 PRESS/MAXPPP
Pour les écologistes, un moyen de transport peut en remplacer un autre... / © IP3 PRESS/MAXPPP



Elisabeth Borne a néanmoins évoqué quelques exceptions:

Les vols en correspondance, mais surtout les destinations de l'outre-mer et la Corse
Dans ces cas-là, aucune augmentation de la note. 

La raison, la volonté de prendre en compte l'insularité et les difficultés de déplacement que cela implique. 

Elisabeth Borne avait affirmé, à l'Assemblée Nationale, le 14 juin dernier, qu'il n'était pas question que "des territoires restent enclavés".

 

Un trajet plus long, mais plus écologique? Le dilemme, pour beaucoup de voyageurs, reste entier. / © FTV
Un trajet plus long, mais plus écologique? Le dilemme, pour beaucoup de voyageurs, reste entier. / © FTV

Le trafic aérien en chiffres:

"Nous sommes favorables à une taxation du transport aérien pour inciter les voyageurs à choisir des modes de transport vertueux et inciter le transport aérien à devenir plus propre" déclarait la ministre des transports en juin dernier à la tribune de l'Assemblée nationale. 

Le transport aérien est dans le collimateur depuis des mois, alors que nombre de voix s'élèvent pour dénoncer les avantages fiscaux dont bénéficie le secteur, ou ses très importantes émissions de gaz à effet de serre. 

Une tendance qui se retrouve dans de nombreux pays européens. 

En Scandinavie, elle a donné naissance au Flygskam, un syndrome qui désigne la honte de prendre l'avion pour des raisons environnementales.
De plus en plus de gens, dans le nord du continent, choisissent de se déplacer en train, malgré les pertes de temps. 

Les chiffres, il faut le reconnaître, peuvent inciter à une certaine circonspection vis-à-vis de l'avion...

 

  • Plus de 20 % du trafic aérien en France est exclusivement métropolitain, et concerne majoritairement des villes bien reliées au réseau ferroviaire.

 

  • Les dix aéroports français les plus fréquentés sont situés dans des agglomérations desservies par des trains à grande vitesse.

 

  • Le secteur de l'aviation représente au moins 5% de l'impact climatique attribuable aux activités humaines.

 

  • Il est de 14 à 40 fois plus émetteur de CO2 que le train.

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