Xylella : les oléiculteurs corses estiment que des arbres seraient déjà touchés dans l’île

© François-Albert Bernardi / FTVIASTELLA
© François-Albert Bernardi / FTVIASTELLA

Les oléiculteurs corses sont inquiets. Quelques jours après la découverte des deux premiers oliviers touchés sur la Côte d'Azur et au lendemain d'une réunion sur le contrôle des espèces végétales importées sur l'île, ils estiment que des oliviers seraient déjà touchés par la Xylella Fastidiosa. 

Par France 3 Corse ViaStella

Sandrine Marfisi est présidente du syndicat interprofessionnel des oléiculteurs de Corse. Sur son exploitation, à Oletta, des oliviers sont en train de dépérir. 

D’autres l’inquiètent encore plus, ils sont situés sur un rond-point d’Ajaccio. L’année dernière, les arbres ont été déclarés positifs à la Xylella par l’Inra d’Angers, ce que la préfecture refuse d’officialiser. « Aux Baléares, c’est la souche multiplex qui fait mourir les oliviers et les oléastres. Il y a des arbres qui sont comparables à ce que l’on peut voir ici. Le temps de la réflexion est largement dépassé. Aujourd’hui, la collectivité nous dit ‘J’ai une nouvelle compétence sur ce sujet’, nous, on dit banco. Mais on n’a plus le temps de réfléchir, c’est un peu comme le changement climatique », estime-t-elle. 

 
 

« Je n’ai jamais vu ça en 30 ans »


Sur la commune voisine de Santu-Petru-di-Tenda, son collègue Olivier Morati, fait lui-même des constats inquiétants. « Depuis deux ou trois ans, on s’aperçoit qu’une branche sèche sur un arbre. Et on ne sait pas pourquoi. Ils ont de l’eau, ils sont taillés, ils sont entretenus. L’arbre d’à côté va très bien et celui-là meurt. Je n’ai jamais vu ça en 30 ans, et les gens avant moi n’en n’ont jamais vu mourir autant », indique-t-il. 

 
Xylella : les oléiculteurs corses estiment que des arbres seraient déjà touchés dans l’île
Intervenants - Sandrine Marfisi, Présidente du Syndicat interprofessionnel des oléiculteurs de Corse ; Olivier Morati, Oléiculteur à Santu-Petru-di-Tenda. Equipe - Pierre Nicolas ; François-Albert Bernardi ; Jean-Jérôme Delsol.


Et quand Olivier Morati a des doutes sur un olivier. Il l’arrache, le brûle et le remplace. Une procédure qu’il espère utile pour limiter les dégâts. Que la collectivité de Corse contrôle encore plus les végétaux entrants sur l’île serait une bonne chose selon les oléiculteurs. 

Mais si la bactérie touche déjà les oliviers, cela change la donne. Tous ont le sentiment que le récent communiqué de la préfecture de Corse ne dit pas la vérité. 

 



 

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