Covid : comment le festival BD à Bastia a su faire des contraintes sanitaires une force

Forcé de s'adapter à la crise sanitaire, la 27e édition du festival BD à Bastia se déroule sur quatre mois, au lieu de quatre jours. Ces aménagements n'enlèvent rien au succès de l'événement culturel qui a su tirer parti du contexte actuel. 

Weekend d'ouverture du festival BD à Bastia, 18 septembre 2020.
Weekend d'ouverture du festival BD à Bastia, 18 septembre 2020. © Una Volta
Faire des contraintes une force. C'est le parti pris des organisateurs de la 27e édition du festival BD à Bastia.

Il y a un an, le ministre de la Culture de l'époque, Franck Riester, annonçait que l'année 2020 serait dédiée à la bande dessinée. Depuis, la pandémie de coronavirus a rebattu les cartes. 

Le festival BD à Bastia fait partie des rares survivants parmi la kyrielle d'événements culturels annulés. Mais il a fallu s'adapter.

Une adaptation optimale dans le temps... 

Confinement oblige, le festival initialement prévu sur quatre jours au début du mois d'avril a finalement lieu du 18 septembre... au 23 décembre. Soit quatre mois.

L'événement, baptisé cette année à juste titre "À contretemps", s'organise en deux temps : du 18 septembre au 16 octobre, puis du 4 novembre au 23 décembre.

La première partie s'articule autour de sept expositions dont l'immanquable expo Blutch au musée de Bastia et l'expo immersive "La Fabrique des futurs" à la galerie Una Volta.
Centre culturel Una Volta, Bastia
Centre culturel Una Volta, Bastia © Una Volta
La seconde partie sera dédiée plus spécifiquement à la jeunesse, notamment via les expositions de Marion Duclos et Margaux Othats.

... et dans l'espace.

Afin d'éviter l'engorgement, les expositions sont réparties dans quatre lieux différents : le centre culturel Una Volta, la bibliothèque centrale, le musée de Bastia et la Fabrique de théâtre.

L'organisation a choisi de borner les espaces pour permettre une meilleure fluidité et le respect des mesures barrières. Dans l'espace cafétéria par exemple, le service de restauration est suspendu pendant les rencontres avec les auteurs.
Le public appliquant les mesures de distanciation physique.
Le public appliquant les mesures de distanciation physique. © Una Volta
Une nouvelle temporalité et de nouveaux espaces dont le festival a su tirer du positif : "Dans la culture comme partout, on est beaucoup dans la profusion d’actions, on est toujours à fond", commente la directrice du festival, Juana Macari.

"Ce contexte sanitaire nous demande de ralentir un peu les choses. On freine un petit peu et on se recentre aussi".

De meilleurs échanges professionnels

Se recentrer, c'est aussi inviter moins d'auteurs. Habituellement, le festival en convie une trentaine. Cette année, ils sont une dizaine à s'être rendus sur l'Île de Beauté. 
Une dizaine d'artistes ont répondu présents pour présenter leurs œuvres.
Une dizaine d'artistes ont répondu présents pour présenter leurs œuvres. © UNA VOLTA / R. Poletti
Mais la quantité n'affecte pas la qualité des rencontres, bien au contraire. Juana Macari a pu le vérifier le week-end dernier, à l'ouverture du festival.

"Tout s'est très très bien passé avec une super ambiance. Il n'y a eu aucun souci de gestion, on a pu prendre beaucoup de temps ensemble, cela a permis de belles découvertes"

Plusieurs auteurs nantais ont notamment pu faire connaissance. C'est le cas de Jérôme Mulot, Benjamin Adam, Thomas Cadène et Aseyn.
Rencontres atour d'un verre, en fin de journée.
Rencontres atour d'un verre, en fin de journée. © UNA VOLTA / R. Poletti
"Ce sont des moments professionnels et humains très importants", explique Juana Macari.

Une plus grande proximité avec les artistes

En raison du contexte sanitaire, l'affluence était "un peu moindre" que les années passées. Échec ? Loin de là. Cela a permis une plus grande proximité avec les artistes présents. Car contrairement aux années passées, tous les ateliers étaient animés par les auteurs eux-mêmes.
Rencontre avec Florent Ruppert (en visio) & Jérôme Mulot autour du Portrait d’un buveur, animée par Vincent Bernière, Les Cahiers de la BD.
Rencontre avec Florent Ruppert (en visio) & Jérôme Mulot autour du Portrait d’un buveur, animée par Vincent Bernière, Les Cahiers de la BD. © UNA VOLTA / R. Poletti
"C'était un temps qualitatif, les enfants ont pu passer beaucoup plus de temps dans les ateliers et les parents ont pu rester discuter avec les auteurs", décrit la directrice de l'événement.

Il faut voir la contrainte sanitaire de manière bénéfique.

Juana Macari

Le public, heureux qu'il y ait moins de monde, semble prendre un "vrai plaisir" à assister aux ateliers, explique-t-elle.
De nombreux enfants se sont rendus au week-end d'ouverture du festival.
De nombreux enfants se sont rendus au week-end d'ouverture du festival. © UNA VOLTA / R. Poletti
"Il faut voir la contrainte sanitaire de manière bénéfique. On était très attentif au public. Cela amène un autre rapport, un rapport très bienveillant".

Un public motivé

Contrairement aux spectacles vivants, le festival de BD et ses expositions permettent un public diffus, tout au long de la journée, et tout au long des quatre mois.
Le public, plus diffus que les années précédentes au festival BD à Bastia.
Le public, plus diffus que les années précédentes au festival BD à Bastia. © Una Volta
Une chance pour le festival BD à Bastia : "Les personnes qui sont intéressées et qui craignaient l'affluence n’hésiteront pas à venir. Ça laisse du temps", se rassure la directice. 

L'organisation constate qu'il y a même plus de touristes qu'en avril. Certains finissent leurs vacances et en profitent pour passer au festival. 

"Beaucoup de soulagement et beaucoup de plaisir" pour l'organisation de cette 27e édition du festival BD à Bastia qui promet, déjà, d'être une belle réussite.
 Retrouvez tout le programme du festival BD à Bastia ici : 

https://una-volta.com/bd-a-bastia-2020/

L'ensemble des rencontres vont être disponibles en vidéos sur le site d'Una Volta. 
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