François Vendasi, un homme, mille carrières

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Pilote automobile, chef d'entreprise, président de club de football, maire, sénateur... La vie de François Vendasi, pilier du PRG insulaire, a eu de multiples facettes. Il s'est éteint, lundi dernier, chez lui, à l'âge de 82 ans.

Comme c'est le cas pour toutes les personnes qui sont devenues, au fil du temps, des personnages, nul, hormis lors des cérémonies protocolaires, ne l'appelait François Vendasi.

Il était Fanfan. Ou, parfois, "monsieur Fanfan", ce qui en disait long sur l'influence et le pouvoir de celui qui a été durant des décennies l'une des figures de la gauche insulaire, et un capitaine d'industrie incontournable.

Ce n'est pas à travers sa carrière politique que le nom de Vendasi s'est fait connaître du grand public. Durant des décennies, "Fanfan" mène une carrière florissante d'entrepreneur à la tête de la SNC Vendasi, créée par son père. Une société de travaux publics qui emploie des centaines de personnes, et multiplie les chantiers de taille, souvent des commandes publiques. Ses locaux seront la cibles d'attentats, à plusieurs reprises. 

Passionné de course, il sera aussi pilote automobile, et entre 1982 et 1985, il sera président du Sporting Etoile Club de Bastia. Quelques années plus tard, la SNC Vendasi sera en charge de la construction du nouveau stade Armand Cesari.

Une vocation tardive

Ce n'est en 1994, à l'âge de 54 ans, qu'il brigue son premier mandat, et devient conseiller général du canton de Montesoro-Furiani. Il le sera jusqu'en 2005, sans compter son bref retour, entre mars et octobre 2008.

Un an après cette première victoire aux cantonales, François Vendasi se présente à la mairie de Furiani. Là encore, François Vendasi ne fait pas que passer. Il restera à la tête de la municipalité durant près de 20 ans, jusqu'en 2014.

Ses adversaires ne vont pas tarder à se rendre compte qu'il est difficile de prendre la place de celui qui était devenu l'une des figures tutélaires du puissant parti Radical de Gauche insulaire. 

Rapidement, les ambitions de "Fanfan" dépassent les rivages de la Corse. Les législatives de 2002 sont le théâtre d'une lutte fratricide au sein du PRG : François Vendasi se présente face au député sortant de la première circonscription de Haute-Corse, Emile Zuccarelli, un pilier des radicaux insulaires. En vain. Le maire de Bastia retrouvera le siège qu'il occupait depuis 1986. 

Ce n'est pas le palais Bourbon, mais le palais du Luxembourg, qui accueillera finalement François Vendasi. En 2005, à l'occasion de l'élection sénatoriale partielle, organisée à la suite de la démission de Paul Natali, le maire de Furiani remporte l'élection. Fort d'une campagne où le PRG fait de nouveau front commun.

La politique, à sa manière

François Vendasi, qui multipliait les casquettes, n'était pas vraiment un habitué des ors de la République. Il y a quelques années, dans un entretien accordé à France-Soir, Il confessait avec son franc-parler habituel, ne se rendre au Sénat qu'"une fois pas an",

Il expliquait cette assiduité toute relative en soulignant que "plutôt que d'aller en séance au Sénat, face à un secrétaire d'Etat qui ne connaît pas grand-chose à l'affaire, je préfère rester sur le terrain, en Haute-Corse, et plaider les dossiers directement avec des fonctionnaires des ministères. Paris et ses joutes politiciennes, ce n'est pas mon truc. Mais on ne peut pas dire que je ne fais rien. Le travail d'un sénateur, c'est surtout pour moi la représentation locale". 

Un choix qui a fait ses preuves. En 2008, François Vendasi est réélu, dès le premier tour, avec 63 % des suffrages. En 2014, à l'âge de 74 ans, affaibli par la maladie, il renonce à se représenter à la mairie de Furiani et au Sénat. 

François Vendasi est mort, lundi dernier, à son domicile, à l'âge de 82 ans, des suites d'une longue maladie. 

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