Aux Impôts de Haute-Corse, l'inquiétude demeure

Si vous allez au centre des impôts du centre ville, à Bastia, nous trouverez porte close. Mais entre midi et deux. / © Emilie Arraudeau
Si vous allez au centre des impôts du centre ville, à Bastia, nous trouverez porte close. Mais entre midi et deux. / © Emilie Arraudeau

Le plan Darmanin de réorganisation des services du trésor Public continue de faire grincer des dents. A Bastia, les syndicats ont trouvé une manière originale, aujourd'hui, d'alerter l'opinion publique. 

Par Sébastien Bonifay

Pas de grève. Pas de bureaux fermés. Pas de guichets vides. 
Les trésoreries et les centres des impôts fonctionneront sans encombre aujourd'hui. 

C'est entre midi et deux, à l'heure de la pause déjeuner, que les syndicats ont décidé de manifester leur mécontentement. 
En lançant un très original spuntini de protestation. 
 
Déjeuner, et mobiliser. / © Emilie Arraudeau
Déjeuner, et mobiliser. / © Emilie Arraudeau

Pour les manifestants, ce sont pas moins de quatre centres des impôts et d'une quinzaine de trésoreries qui sont menacées par le plan qu'ambitionne Gérard Darmanin. 

Le ministre de l'action et des comptes publics a mis en branle un vaste plan, qu'il a présenté avant l'été. 

Plus de proximité supposée, mais moins de centres dans le rural...

L'idée, réorganiser de fond en comble l'implantation des centres de l’administration fiscale dans le pays, et particulièrement dans les campagnes.

Pour cela, il veut réduire le nombre de centres des impôts, qui géreraient les tâches administratives. Ce qui permettrait, selon lui, d'envoyer d'avantage d'agents à la rencontre des gens qui sont loin des grandes villes. Ils seraient présents, ponctuellement, dans les mairies, ou les maisons de services publics.  
 
Face au centre d'impôts, à quelques mètres de la mairie, les employés désireux de manifester se sont réunis au pied d'un arbre pour le spuntinu protestataire. / © Emilie Arraudeau
Face au centre d'impôts, à quelques mètres de la mairie, les employés désireux de manifester se sont réunis au pied d'un arbre pour le spuntinu protestataire. / © Emilie Arraudeau

La nouvelle carte est toujours en train d'être créée, mais les syndicats, FO et la CGT, ainsi que Solidaires, ne veulent pas en entendre parler. Ils veulent coûte que coûte conserver les agences du rural et leurs agents. 

« Pour l’instant, la Corse n’est pas concernée par les suppressions de trésoreries officiellement. Mais on sait que la carte est en préparation, et on n’en veut pas. On va demander au président de l’exécutif, qui a mission par le gouvernement d’animer un groupe de travail sur les services publics en Corse, quels besoins a-t-on pour le service public. », explique Jean Pierre Battestini, délégué CGT de Haute-Corse.

Même si gérard Darmanin, la semaine dernière, lâchait du lest en promettant qu'aucun centre du rural ne serait fermé sans l'accord des élus en 2020, ça ne suffit pas, apparemment, à apaiser leurs inquiétudes...

Au-delà de cette redistribution géographique des services, les syndicats demandent un moratoire sur la suppression d'emplois qui irait avec le plan. 
On ignore les chiffres au niveau insulaire (où 500 personnes sont salariées du Trésor Public), mais sur l'ensemble de la France, selon eux, ce seraient 5.000 emplois supprimés...

Pour faire entendre leur voix, FO, Solidaires et la CGT demandent à rencontrer Gilles Simeoni, les préfets et la direction des finances publiques, sans oublier les élus locaux, pour défendre les centres du rural...

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