Le STC dénonce un climat délétère à la Communauté d'agglomération de Bastia

Conférence de presse du STC / © Sébastien Bonifay
Conférence de presse du STC / © Sébastien Bonifay

Le syndicat nationaliste, majoritaire, tire la sonnette d'alarme. Pas de grève pour l'heure, mais un ras-le-bol. Celui, selon le STC, de pratiques de management qui ont installé un "climat social asphyxiant". 

Par Sébastien Bonifay

La dernière dérive en date, selon les délégués STC réunis devant les bureaux de la CAB, sur le port de Toga, c'est un simple message sur un réseau social, il y a quelques semaines.

A priori anodin, mais qui a mis le feu aux poudres au sein des services de la communauté d'agglomération de Bastia. 

Ce message, c'était une réponse à une plainte d'un habitant de Bastia concernant la collecte des poubelles. 
Le compte officiel de la CAB répond rapidement, mais la tonalité a de quoi surprendre. 
 
Réponse de la CAB à une plainte d'un usager / © DR
Réponse de la CAB à une plainte d'un usager / © DR

La CAB rejette la faute sur "le comportement" de certains de ses employés, "qui affecte, hélas, l'ensemble du réseau de la tournée de la collecte". Des désagréments qui pénalisent également la CAB elle-même, selon le commentaire facebook. 
Bref, pas vraiment d'excuses à l'usager, mais plutôt une manière de dédouaner le président de la CAB, François Tatti, et sa direction. 

Le STC "surpris et outragé"

Sans surprise, le message a fait grincer quelques dents du côté des employés. 
"Nous avons été surpris et outrés de constater que les hautes sphères de l'administration ont dénigré, de manière publique, nos collègues du service de la collecte. (...)
Cette scandaleuse mise au pilori de nos collègues, par leur propre administration, reflète le peu de considération vis à vis des personnels mais surtout, elle caractérise une situation extrêmement grave allant à l'encontre des obligations de l'employeur en matière de protection des personnel",
s'émeut le STC.  
 
Frédéric Bagnaninchi et Jean Brignole à la tribune du STC CAB / © Sébastien Bonifay
Frédéric Bagnaninchi et Jean Brignole à la tribune du STC CAB / © Sébastien Bonifay

Autour de la tribune de fortune montée sur le trottoir, pour cette conférence de presse, plus d'une cinquantaine d'employés hochent la tête. 

Cette dénonciation de "l'atmosphère pesante" qui règne à la CAB , le syndicat nationaliste est seul à le mener. 
Les autres organisations ne se sont pas jointes à la conférence de presse, mais le STC, qui, depuis décembre dernier, est majoritaire, ne semble guère s'en émouvoir.
 
Jean Brignole
Jean Brignole, secrétaire général du STC

Jean Brignole, le secrétaire général du syndicat, trouve pour le moins déplacé que l'on rejette la faute sur les services. Pour lui, ce sont les conditions de travail qui sont en cause. Et de cela, les employés ne sont pas responsables. C'est la direction.
"Le climat social, il détermine la productivité des gens ! L'efficacité, et le bon fonctionnement des services... Les gens, eux, ne voient que le résultat, les manquements ou les collectes en retard. Quand le travail n'est pas fait, personne ne leur dit qu'il y a des sous-effectifs, et que rien n'est pas fait pour que tout soit fait dans les meilleures conditions. Nous on est là pour rappeler que c'est aux gens qui décident, à la CAB, de faire des choses pour que le résultat soit le meilleur possible !" 

Depuis plusieurs mois, le STC affirme avoir adressé des courriers au président de la CAB, pour l'alerter sur "des risques psychosociaux (RPS) encourus par l'ensemble des personnels".
Sans obtenir aucune réponse. 

Pas encore de grève, mais...

Pour le syndicat, c'en est trop. 
Même si pour l'heure, aucun préavis de grève n'a été déposé, le STC a prévenu qu'il "intensifiera ses moyens d'actions et saura prendre les responsabilités qu'impose chaque situation". 
 
stc CAB
Frédéric Bagnaninchi, STC CAB

Selon Frédéric Bagnaninchi, délégué STC CAB, il y a urgence :  
"On ne peut pas minimiser sans fin ce climat social qui est délétère. On ne le peut plus. Et notre organisation syndiclae est là pour tirer la sonnette d'alarme et dire que attenntion, il y a réellement des gens qui sont en souffrance au travail. certains de nos collègues nous disaient tout à l'heure "moi quand j'arrive le matin j'ai la boule au ventre, je ne sais pas la pression qu'on va me mettre, comment ca va se passer. Beaucoup imaginent déjà demander un changement de service. Et certains l'ont déjà fait. On ne peut pas laisser s'accumuler ces départs."

Pour l'heure, François Tatti, président de la CAB, contacté par nos soins, n'a pas répondu à nos sollicitations. 

 

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