Grève: La mobilisation ne faiblit pas à l'hôpital de Bastia

Image d'illustration / © PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP
Image d'illustration / © PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP

"C'est de dignité humaine dont il est question". Les grévistes du CHU n'ont aucun doute sur le bien-fondé de leurs revendications. Ils l'ont clamé, une fois de plus, lors de la conférence de presse d'hier. L'occasion de faire un point sur la situation. 

Par Sébastien Bonifay

"Bien sûr que nous sommes solidaires des revendications nationales du collectif inter-urgences que l'on a rejoint à la fin du mois de juillet. On fait tous face aux mêmes problèmes. Mais chez nous, d'autres revendications viennent de greffer. Liées aux réalités de l'île". 

 
© Guillaume Leonetti/FTVIASTELLA
© Guillaume Leonetti/FTVIASTELLA


Et Rose-Marie Martinelli, membre de l'intersyndicale CGT, FO et STC, de rappeler, encore et toujours, les inconvénients de la ruralité, les temps de parcours pour rejoindre les centres hospitaliers, les infrastructures inexistantes dans l'intérieur.

S'adapter aux réalités de l'île


Et puis la population, vieillissante, et le nombre de patients âgés de plus de 75 ans qu'on est "obligés de foutre dehors à 5 heures du soir pour favoriser l'ambulatoire", nous confie un infirmier amer entre deux portes. 

"La ministre a dit qu'il fallait faire du cousu-main, s'adapter aux contextes locaux. On attend", entend-on dans les couloirs, à Falconaja.

Bien sûr, il y a des avancées, telles que l'antenne qui existe désormais Ghisonaccia. "Ca, ça va dans le bon sens! c'est l'hôpital qui va vers les populations...", concède Rose-Marie. 

 


Mais ça ne suffit pas à faire oublier les conditions de travail pour le moins précaires, l'état du services des urgences, le manque de restructurations depuis 1992, le manque de tout, finalement, jusqu'aux gants qui sont en rupture de stock. Pendant que, lors des grosses pluies, l'eau rentre à l'intérieur des urgences, et des poubelles sont utilisées comme récipients de fortune. 
 

Tout le monde nous soutient, sauf Bercy


La nouvelle directrice générale de l'Agence Régionale de la Santé de Corse, Marie-Hélène Lecenne, a fait le déplacement il y a quelques jours, ce à quoi de nombreux grévistes ont été sensibles. Mais cela n'a pas fait avancer quoi que ce soit, selon Rose-Marie Martinelli.

 
Entrée du service des urgences de l'hôpital de Bastia ( Haute-Corse) / © S. TIERI / FTVIASTELLA
Entrée du service des urgences de l'hôpital de Bastia ( Haute-Corse) / © S. TIERI / FTVIASTELLA


"Elle a validé nos besoins, elle a constaté les dégâts, et on en est satisfaits. Mais elle a les mains liées, tout se décide à Paris, à Bercy, et il n'y a pas d'argent. D'ailleurs, le courrier que Marie-Hélène Lecenne nous a adressé après sa venue soulève de nouvelles questions. Le financement qu'elle suggère, d'1,5 million, il a besoin d'être clarifié. Comment on va trouver le budget, et où? Il n'est pas question qu'on déshabille Pierre pour habiller Paul..."

 


Les grévistes sont plus déterminés que jamais à occuper le terrain. l'intersyndicale est soutenue par les médecins, par la commission médicale d'établissement, par les commissions des usagers, par les élus..."En fait, tout le monde nous soutient, même l'ARS. Sauf Bercy". 

Une journée par semaine, une grève générale sera mise en place à l'hôpital, jusqu'au 10 septembre où une grande assemblée générale se tiendra à Paris, réunissant "l'ensemble des services hospitaliers mobilisés et en grève". 
Sur les 500 services d'urgences que compte la France, 217 ont rejoint le collectif.

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