Jean-Jacques Urvoas : “La décision concernant MM. Battini et Tomasini n’est ni une faveur ni une rigueur particulière”

Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas. / © Thierry Zoccolan / AFP
Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas. / © Thierry Zoccolan / AFP

Dans un entretien à Corse Matin, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas explique que le transfèrement de Nicolas Battini et Stéphane Tomasini à la prison de Borgo est une « décision de droit commun », sans lien avec les récentes manifestations et grèves de la faim en Corse.

Par France 3 Corse ViaStella

Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas explique dans un entretien à Corse Matin sur la décision de la Chancellerie de transférer Nicolas Battini et Stéphane Tomasini à la maison d’arrêt de Borgo.

Le ministre ne fait pas de lien entre les manifestations récentes demandant le rapprochement des prisonniers dits « politiques », les grèves de la faim d’étudiants avec des revendications semblables et l’annonce de son ministère. « La décision prise concernant MM. Battini et Tomasini n’est ni une faveur ni une rigueur particulière. C’est l’application du droit commun », explique-t-il au quotidien Corse Matin.

Décision courante

Il rappelle que le rapprochement des prisonniers de leur famille est une décision courante, dont ont bénéficié, parmi d’autres, les deux détenus nationalistes corses : « A chaque fois qu’il y a une demande, nous la passons au "tamis" de notre grille d’appréciation et nous concluons, ou pas, au rapprochement. ».

Critères strictes

Le Garde des Sceaux précise les critères qui peuvent aboutir à ce choix  : « Il faut tout d’abord que la condamnation soit définitive, c’est un critère indispensable à la mise en route du dispositif. Il faut ensuite que le détenu ait un reliquat de peine à effectuer inférieur à sept ans, des attaches familiales ou personnelles dans le territoire où il souhaite son rapprochement, un parcours pénitentiaire attestant d’un bon comportement ou d’une faible dangerosité, ne pas être fiché en tant que « détenu particulièrement surveillé » et accepter, en l’espèce à Borgo, de ne pas travailler, puisque cet établissement n’en offre pas la possibilité. »

Si cette mesure n’a pas encore été prise concernant d’autres prisonniers corses incarcérés sur le continent c’est, dit-il, que Nicolas Battini et Stéphane Tomasini sont les « seuls, en ce moment, à remplir ces critères. » "A ce jour, l'ensemble des condamnés définitifs pour motif terroriste ayant émis
le souhait d'être à Borgo ont pu rejoindre cet établissement, hormis 3 personnes condamnées à la réclusion criminelle à perpétuité et inscrites au répertoire des détenus particulièrement signalés"
, a expliqué le ministère la semaine dernière à l'AFP.

Autre condamné dans le procès, Ghjiseppu-Maria Verdi s’est rendu mercredi. Ecroué à Borgo, il attend de se voir signifier officiellement le verdict de la cour d’assises spéciale.

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