A Pietralba, un jeune ingénieur s’est reconverti dans l’élevage

Un jeune berger au parcours atypique. Ancien ingénieur, Joffrey Garcia s'est installé sur la Balanina, à Pietralba, pour y élever des chèvres. Un métier de passion pour le jeune homme.

Par France 3 Corse ViaStella

Joffrey Garcia le fait avec minutie : c’est l’heure de la traite dans sa bergerie, près de Pietralba. Une étape obligatoire qui est aussi la première de la journée. Pour environ 140 litres de laits, 250 chèvres passeront entre ses mains.

« Quand on a fini de traire, on lâche les chèvres et elles vont se promener dehors un peu et elles vont revenir en début d’après-midi. Et ce soir, on va retraire », explique-t-il.

Ce quotidien n’a pas toujours été le sien. Au départ, il était ingénieur béton, il décide de tout quitter : « à cette heure-ci, je serais dans les bureaux ou dans les bouchons à Bastia. C’est différent comme métier. C’est intéressant aussi l’ingérnieurie béton. Il faut aimer travailler avec les êtres humains, alors que là c’est avec l’animal ».

Un hasard pour Joffrey : « Je me suis retrouvé ici par hasard, dans ma belle-famille. C’est là que j’ai vraiment découvert le métier de berger et que j’ai voulu partir dans ce parcours. M’installer en agricole, entre les temps de formation, d’installation, de montage de dossier, j’ai dû passer presque 2 ans. »

Transmission

Son beau-père, Philippe, est fier d’avoir participé à son initiation. Pour lui, ce n’est qu’une question de volonté : « Je pense que ceux qui n’ont rien à voir avec le métier ont leur chance aussi. Ce n’est pas parce que nous sommes fils de berger que les jeunes ne peuvent pas l’être. Les jeunes ont leurs atouts aussi. Ils sont allés à l’école pour cela et nous on est là pour montrer ce que nos vieux nous ont appris. Après il faut aussi que le modernisme vienne », raconte Philippe Gaspari, éleveur caprin.

Un destin probable pour ce trentenaire originaire du continent. Il vient s’ajouter aux autres jeunes chevriers de la région. Ils sont aujourd’hui 4 à s’être installés autour de la Balanina, sur 10 en Haute-Corse pour l’année 2016. Ils ne sont pas tous issus de familles de bergers, comme Gabriel, 20 ans, venu donner un coup de main : « Déjà que le métier est dur, il faut que l’on s’entraide entre nous ».

A la nuit, une partie des chèvres passera la nuit à la bergerie. L’autre, dans la montagne.

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