Rossano Ercolini, pionnier du zéro déchet, présente sa méthode à Corte

Montesoro, 29 décembre 2019 / © France 3 Corse ViaStella
Montesoro, 29 décembre 2019 / © France 3 Corse ViaStella

Bien avant que la thématique du zéro déchet s'impose dans le débat public, Rossano Ercolini, enseignant, a su la diffuser dans sa commune de Toscane. A Corte, il a livré ses recommandations pour la Corse lors d'une réunion publique.
 

Par P. Sauthier

En 1994, un incinérateur doit être bâti à Capannori, en Toscane, à moins de trois kilomètres de l'école élémentaire où Rossano Ercolini enseigne. L'instituteur se bat contre se projet, qui est finalement abandonné. En 2007, Capannori annonce un objectif "zéro déchets" pour 2020 et suit les recommandations d'Ercolini.

Réunion publique à Corte

Désormais, le militant écologiste est connu internationalement. En 2013 il reçoit le prix Goldman pour l'environnement, souvent comparé à un prix Nobel pour sa visée internationale.

Rossano Ercolini était à Corte samedi, à l'occasion d'une réunion publique organisée par Zeru Frazu. Il a livré ses recommandations pour la Corse.

Pour le porte-à-porte

Pour lui, "Il faut d'abord un accord politique entre la Collectivité de Corse, Bastia et Ajaccio, les deux principales villes productrices." Il recommande ensuite une généralisation de la collecte en porte à porte, comme dans sa commune de Capannori. C'est, selon Rossano Ercolini la clé "pour réduire les déchets des ménages de façon drastique".
Trois questions Rossano Ercolini, pionnier du zéro déchet en Italie
 

Trier les bio-déchets

Deuxième recommandation du militant écologiste : "la priorité, c'est de trier les bio-déchets. Pendant ce temps, on a besoin de décharges, de centres d'enfouissement. Ce sont comme des mines de matériaux à valoriser. Mais attention, on doit contrôler dans ces décharges tout ce qui rentre, en exclure tout ce qui peut être recyclé, revalorisable. Aujourd'hui certaines choses ne sont pas encore valorisables mais avec la technologie, elles pourront le devenir."


Tous les plastiques ne se valent pas


Quand on lui demande si la sortie du plastique est la solution, Rossano Ercolini tempère : "Personnellement, je ne suis pas contre tous les plastiques. Certains produits ont une longue durée de vie comme les jouets des enfants, qui sont plus sûrs quand ils sont recyclés, que ceux en bois qui peuvent être dangereux. Avant tout, soyons plus raisonnables. Nous avons déjà trop prélevé dans la nature, il est l'heure de renaturaliser notre façon de vivre."
Rossano Ercolini invité à Corte pour parler du zéro déchet
Intervenants - Rosselino Ercolini, fondateur Zéro déchets // Pierre-André Marielli Equipe - Marie-France Giuliani / Marc-Antoine Renucci

A Corte, la conférence de Rossano Ercolini donne lieu à un vif débat. Le public demande des comptes aux responsables politiques présents, après l'annonce d'un "Plan Marshall" pour les déchets en 2020.

Comme un défi, dans six mois, Rossano Ercolini veut organiser en Corse un congrès international avec Chypre, Malte et la Sicile, pour inciter au partage d'expérience inter-îles.
 
Capannori, pionnière du "zéro déchet" en Europe
Intervenants - Carlo Camoscini, agent du service collecte des déchets // Maurizio Gatti, président service environnement de Cappanori // Simone Tomei, habitant de Cappanori // Matteo Francesconi, adjoint chargé de l'environnement à Capparoni Equipe - François Tortos / Guillaume Leonetti

L'exemple de Capannori, ville ambassadrice du zéro déchet en Europe

Chaque jour, les familles de la commune Toscane de Rossano Ercolini peuvent déposer devant leur porte leurs ordures. A chaque jour son type de déchet : plastique, verre ou papier. Depuis l'instauration de ce nouveau système, les sacs qui s'accumulaient devant les maisons, ouverts aux vents et aux parasites en tous genre ont disparus.

Ici la règle est simple : plus on jette, plus on paie. Les tarifs sont individualisés et en moyenne, une famille de quatre personnes paie environ 200€ de taxe d'ordures ménagères à l'année. Et pour cause : ce type de famille a pour la plupart réussi à ne jeter qu'un sac de déchets non recyclables tous les quatre mois.

En 15 ans, le taux de déchets triés est passé de 35% à 88% sur la commune de 47.000 habitants. Le modèle a été reproduit dans plus de cent communes italiennes, Naples y compris.
 

Sur le même sujet

Les + Lus