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Séries ou films, la Corse, eldorado des tournages

Octobre 2018 en Balagne, sur le tournage de la série "Le temps est assassin". / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Octobre 2018 en Balagne, sur le tournage de la série "Le temps est assassin". / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Malgré des difficultés liées à l'insularité et à des techniciens parfois pas assez nombreux, les tournages de séries télévisées ou de films se multiplient depuis quelques années en Corse. L'île séduit par son atmosphère et la beauté de ses paysages. 
 

Par France 3 Corse ViaStella avec AFP

"Ca va être une très bonne année avec deux séries nationales en tournage, deux séries locales, deux long-métrages, un volume de court-métrages important et des documentaires", se félicite Yolaine Lacolonge qui dirige le service audiovisuel et cinéma de la Collectivité de Corse (CdC).

Sur l'île qui compte 250 techniciens et 150 acteurs, le nombre de jours de tournage, tous formats confondus, a été multiplié par cinq entre 2009 et 2017, passant de 225 à 1.186, selon les chiffres de la CdC.

Ces tournages rapportent environ 7 millions d'euros par an à l'économie locale, pour 3,1 millions d'aide de la CdC. Et le cru 2018 s'annonce encore meilleur malgré une rude compétition.

"Pour la série +Une île+ d'Arte, nous étions en concurrence avec la Bretagne et Paca", souligne Yolaine Lacolonge. Mais "la Corse s'est imposée assez vite", reconnaît la productrice Nicole Collet, installée à Bastia et au cap Corse jusqu'à la fin novembre pour tourner les six épisodes de ce qu'elle présente comme un "thriller troublant et sensuel" avec Laetitia Casta, Noée Abita et Sergi Lopez au casting.

L'histoire n'était pourtant pas corse mais les paysages de l'île ont convaincu le réalisateur Julien Trousselier: "En découvrant le cap Corse, j'ai eu l'impression de me retrouver dans la terre du milieu du Seigneur des Anneaux, en Nouvelle-Zélande. C'était le décorum parfait", glisse-t-il, encore étonné d'avoir trouvé des paysages lui évoquant l'Écosse, l'Irlande ou l'Afrique du Sud.
 
 

La Corse, "un personnage à part entière"

Nicole Collet, qui a tourné trois saisons dans l'île de Beauté de la série de Canal Plus "Mafiosa", confie être "allée voir en Paca (Provence-Alpes-Côte d'Azur) mais (...) j'avais gardé des relations avec la CdC qui a très vite accepté de nous financer".

Aline Besson, qui produit la série "Le temps est assassin", un thriller familial adapté pour TF1 du best-seller de Michel Bussi avec Mathilde Seigner et Gregory Fitoussi, reconnaît aussi avoir pensé "tricher en tournant dans le Sud de la France" avant de renoncer, la Corse étant "vraiment un personnage à part entière".

Si les deux productrices saluent le climat corse, la beauté des paysages ou la gentillesse des gens, elles pointent aussi la cherté de l'île comme principal inconvénient. "Et le manque de techniciens quand il y a plusieurs tournages en même temps", note également Nicole Collet.
 
 

Tourner en Corse, un surcoût pour les productions

Sur la cherté, "ce n'est pas la Corse mais l'insularité qui est en cause. J'ai tourné à Bali, c'était pareil", souligne Aline Besson qui estime à "20% le surcoût" du tournage à Calvi, "en partie compensé par la Collectivité de Corse, mais pas totalement".

La CdC, qui chiffre ce surcoût en moyenne à 15%, dispose d'un fonds d'aide supérieur à ceux du continent pour compenser et peut débourser jusqu'à 300.000 euros par série. Pour attirer davantage de tournages, elle veut aussi "miser sur les résidences d'écritures". "On a besoin d'auteurs, tout part de là", estime Mme Lacolonge.
 
Octobre 2018 en Balagne, sur le tournage de la série "Le temps est assassin". / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Octobre 2018 en Balagne, sur le tournage de la série "Le temps est assassin". / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Pour les producteurs insulaires, les contraintes sont plutôt budgétaires. Michèle Casalta, productrice de la série "Back to Corsica", une comédie sur le retour estival au village d'une jeune Corse homosexuelle vivant à Paris, estime que tourner en Corse a les avantages de ses inconvénients: "Tout est plus facile parce qu'on connait tout le monde mais du coup, on marche sur des oeufs".

Pour cette série co-produite avec France 3 Corse, sa difficulté a été "le budget", "en moyenne six fois inférieur à une série de huit épisodes de 26 minutes comme celle-là produite au niveau national".

Même budget réduit pour "Over la nuit", l'autre série co-produite par Paul Rognoni avec France 3 Corse qui a des moyens modestes de chaîne régionale. "On travaille maintenant à ce que la série ait une vie ailleurs", dit-il, visant Netflix, Amazon ou les chaînes numériques.
 

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