Bastia : des tags visant la famille Simeoni bombés sur une boutique SFR

Le lundi 4 janvier, des tags "Simeoni Mafia" et "Fora" recouvraient la façade d'une boutique de téléphonie à Bastia. Marc Simeoni, qui collabore professionnellement avec la société, semble visé. Mais son frère, Gilles, pourrait également être concerné. 

Les tags ont recouvert la façade de la boutique SFR du centre-ville bastiais deux jours à peine après son inauguration.
Les tags ont recouvert la façade de la boutique SFR du centre-ville bastiais deux jours à peine après son inauguration. © Viastella

"On est quand même dans un drôle de pays... On se retrouve, nous, les gens normaux, intègres, à devoir se justifier d'être rémunérés, en tant que prestataires, alors qu'on n'a rien à voir avec les enjeux publics".

Marc Simeoni ne cache pas sa colère, au lendemain des tags qui ont balafré la devanture du tout récent magasin SFR du boulevard Paoli, à Bastia. Des tags au travers desquels il est nommément visé. Ou en tout cas sa famille, puisqu'aucun prénom n'apparaît.

Mais vu la mission qu'il exerce au sein de la société, le rapprochement a été vite fait...

Marc Simeoni, au lendemain des tags le visant.
Marc Simeoni, au lendemain des tags le visant. © ViaStella

"Je le vis très mal.  Je suis expert et entrepreneur reconnu dans le domaine de la téléphonie, je travaille et j'exerce mes compétences là ou je suis utile. Je me retrouve pris dans une querelle commerciale entre un opérateur et un distributeur, alors que je n'ai rien à y voir", prend soin de préciser Marc Simeoni. 

Une querelle de longue date

La querelle à laquelle fait allusion Marc Simeoni, c'est le divorce entre SFR et Corse GSM, qui distribuait l'opérateur sur l'île. Depuis le 1er janvier, ce n'est plus le cas. C'est un nouveau distributeur qui, désormais, en est chargé. 

Pour candidater et finalement remporter le morceau, Jean-François Succi, son président, avait fait appel, il y a quelques mois, à Marc Simeoni.

Un ancien consultant en stratégie financière, et fondateur de la société Volpy, qui évolue sur le marché de l'échange et de la revente de téléphones. 

Une association qui, apparemment, déplaît.  

Jean-François Succi, gérant de la SAS Sant'Anghjulu
Jean-François Succi, gérant de la SAS Sant'Anghjulu © ViaStella

On veut salir le nom de ma famille.

Marc Simeoni

Selon Jean-François Succi, ces tags ne sont pas un événement isolé. Il reconnaît que depuis plusieurs semaines, sa société subit une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux.
"Mais rien qui méritait qu'on s'y attarde. Et même des tags, on peut repeindre dessus. Pour moi, si on n'avait pas mis en cause nommément Marc, ça relèverait du détail..."

Pour ce dernier, ça ne fait guère de doutes. Ces tags ont un but clair : "salir le nom de ma famille". 

Une proximité qui interroge

Du côté de Corse GSM, dont la boutique se situe à quelques mètres à peine du nouvel SFR, on est loin de voir Marc Simeoni comme un simple prestataire de services.

Louis Antonini, patron de Corse GSM, avec l'un de ses employés.
Louis Antonini, patron de Corse GSM, avec l'un de ses employés. © ViaStella

Louis Antonini, le président de la société, nous explique pourquoi : 
"On a une collectivité de Corse qui est gérée par une famille qui, depuis 3 générations, défend les intérêts de la Corse et des Corses. Et dans le cas de la distribution de SFR, la CDC s'est trouvé face à un choix", nous confie-t-il.. 

D'un côté Corse GSM, de l'autre une multinationale...

Louis Antonini

"D'un côté Corse GSM, 80 salariés et 13 magasins. Une société présente en Corse depuis 25 ans et qui vient de créer le premier opérateur corse indépendant. De l'autre, une multinationale, SFR, qui a des capitaux luxembourgeois, et dont les bénéfices partent en Israël et en Suisse".

Marc Simeoni, précédé de son frère, Gilles.
Marc Simeoni, précédé de son frère, Gilles. © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Pour Louis Antonini, le choix semblait simple. Et pourtant...
"On pensait que la CDC allait nous favoriser, ou au moins adopter une certaine neutralité. Et ça n'a pas été le cas. Alors la présence du frère de monsieur Simeoni au sein de la nouvelle distribution de SFR en Corse pose question, c'est clair. On peut se demander quels sont les intérêts défendus par chacun..."

Ce n'est pas la première fois que l'opérateur provoque quelques remous politiques à l'assemblée de Corse. En 2019, l'attribution du marché de la fibre à SFR, encore lui, par la CDC, avait fait grincer quelques dents. 
Particulièrement du côté de l'Etat. 

La préfète de Corse de l'époque, Josiane Chevalier, avait demandé la suspension du marché, pour "favoritisme régional". Elle avait été déboutée par le tribunal administratif de Bastia. 

Et après ?

Pour Jean-François Succi, en tout cas, une chose est sûre. Les intérêts du nouveau distributeur de SFR en Corse passent par Marc Simeoni. Au-delà de la mission d'origine. 
"Il a beaucoup apporté et il apporte encore beaucoup. Marc Simeoni m'accompagne jusqu'à fin mars, le moment où tous les points de vente seront ouverts. Je lui ai fait une proposition pour qu'il reste ensuite à mes côtés. Et je serais très heureux qu'il nous rejoigne."

Quelques heures après la découverte des tags, la façade de la boutique SFR était repeinte.
Quelques heures après la découverte des tags, la façade de la boutique SFR était repeinte. © ViaStella

Bref, il n'est pas dit que la polémique soit définitivement enterrée sous la couche de peinture qui, depuis hier, recouvre les tags du boulevard Paoli...

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