Fermeture du tunnel de Bastia : les habitants expriment leurs inquiétudes

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À moins d'un mois de la fermeture du tunnel de Bastia pour travaux de désamiantage, la mairie a tenu, mercredi 19 janvier, la première de trois réunions publiques visant à détailler aux habitants les mesures envisagées pour fluidifier autant que possible le trafic en ville.

"Je pensais qu'il y aurait un peu plus de monde." Assise aux côtés d'une voisine sur les chaises en plastiques installées dans les locaux de l'école primaire Campanari, quartier Saint-Joseph, cette habitante du centre-ville fait partie des quelques personnes qui se sont déplacées pour la première réunion publique référant à la fermeture prochaine du tunnel de Bastia.

Alors que le sujet accapare en ce moment les discussions de nombre de résidents de Bastia et ses environs, ils ne sont qu'une vingtaine présents, ce mercredi 19 janvier, presque autant que l'équipe de présentation au complet : municipalité, responsables de chantiers, représentants des chemins de fer de Corse et de la communauté d'agglomération bastiaise.

Qu'importe estime le maire Pierre Savelli, "on ne pourra pas nous reprocher de ne pas avoir communiqué. Je sais que parfois les gens ne se déplacent pas beaucoup, mais quoi qu'il en soit, les personnes qui sont venues ont eu des vraies questions intéressantes, et des propositions qui nous ont permis d'avancer sur certains sujets, et de nous éclaircir sur d'autres problématiques."

Là était tout l'objectif de cette réunion  : répondre aux questions des habitants, et "présenter les mesures envisagées par les services de secours, la Collectivité de Corse, le Préfet de la Haute-Corse, la ville de Bastia, la communauté d'agglomération de Bastia et les chemins de fer de la Corse" pour les trois semaines de travaux, du 18 février au 11 mars prochains.

33.000 véhicules par jour

En temps normal, ce sont autour de 33.000 véhicules qui transitent par jour dans le tunnel. C'est même 50% du trafic quotidien qui circule dans Bastia qui emprunte le tunnel. Embouteillages à rallonge, parcours du combattant pour se rendre sur son lieu de travail et commerces du centre-ville déserté faute de places pour se garer, il est peut dire que les inquiétudes des habitants sont en conséquence nombreuses.

Impossible pour autant de couper aux travaux, indique les services municipaux : des études réalisées en 2018 ont relevé la présence d'amiante dans les chaussées. Si celle-ci n'est pas dangereuse en l'état actuel, "la réglementation autour de l'amiante est très contraignante", indique-t-on, d'où la nécessité de l'enlever.

Au total, 5600 tonnes d'amiante doivent être évacuées. Le coût du chantier est estimé à 3,8 millions d'euros, en partie financé par l'Etat dans le cadre d'un programme d'investissement exceptionnel, précise le maire.

Renfort des transports en commun

"Notre objectif, c'est bien sûr de faire en sorte de passer cette période de la meilleure des manières", souffle Pierre Savelli. Pour tenter de limiter les dégâts, une série de mesures est déjà annoncée : en premier lieu, faciliter l'offre de transports en commun, avec l'augmentation des capacités et passages de trains des Chemins de Fer de la Corse, et la gratuité totale pour la période sur le tronçon Bastia-Casamozza.

Le réseau de bus de la CAB devrait également être renforcé, assure-t-on. Mais sur ce point, demeurent encore de nombreux flous : la gratuité du réseau, envisagée, n'est à cette heure pas encore arrêtée, et s'il est déjà prévu une hausse de la fréquence de passage de la navette pour l'Arinella, le programme des autres lignes n'a pas encore été défini.

Au grand mécontentement des habitants présents, et du conseiller municipal d'opposition Julien Morganti, venu assister à la réunion. "On peut s'inquiéter de cette dissonance entre le programme et les efforts clairs présentés par la CFC, et le réseau de bus. Vous annoncez un renforcement sans savoir ce qu'il en est exactement."

"Ce sont des questions qui seront levées dans les prochains jours", lui répond-t-on. "Avant les travaux ?", insiste Julien Morganti. "Oui", reprend le maire.

Promotion des mobilités douces

Autre piste mise en avant pour fluidifier le trafic en ville : faciliter les modes de transports doux. Le service de trottinettes en libre-service sera ainsi renforcé, des vélos électriques seront disponibles en location longue durée, et de nouveaux itinéraires de pistes cyclables ont été identifiés. Une opportunité pour la mairie de promouvoir ces déplacements plus écologiques sur le long terme.

Pour ceux qui n'auront pas d'autres choix que de prendre leur voiture, attention : plusieurs axes vont être modifiés. Le plan de circulation, réfléchi en concertation avec les secours, vise à faciliter la circulation de leurs engins. Également, pour éviter tant que possible toute gêne de circulation, les travaux sur la voie publique seront prohibés, et les arrivées de bateaux au port de Bastia avancées à 5h30 du matin.

Enfin, des parkings supplémentaires devraient également voir le jour - un sera situé dans la cour du parking de l'école Campanari, et devrait pouvoir accueillir entre 50 et 60 voitures -.

Des stratégies qui pourront évoluer en fonction des répercussions réellement constatées sur le trafic en ville après début des travaux, précise la mairie. La circulation alternée n'est notamment pas exclue.

Deux autres réunions publiques sont annoncées cette semaine : jeudi 20 janvier, à 17h30, à l'auditorium du Musée de Bastia, et vendredi 21 janvier, à 17h30, dans la salle du conseil municipal.