Alain Orsoni se sent “condamné à mort”

Le président de l'AC Acaccio Alain Orsoni dit avoir "peur" et pense quitter le club et même la France.

Par Grégoire Bézie (avec AFP)

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Alain Orsoni, victime d'une cabale médiatique

Le président de la CCI de Corse-du-Sud est présenté comme le quatrième proche d'Alain Orsoni assassiné en deux ans. Le président de l'ACA se dit victimisé par les médias et avoir désormais peur d'être pris pour cible. Manuel Valls l'a invité à se confier à la justice s'il savait des choses.

Le président du club de football de l'AC Ajaccio et ancien dirigeant nationaliste Alain Orsoni a déclaré jeudi avoir "peur" après l'assassinat du président de la Chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud, Jacques Nacer, dont il était proche.

"Bien sûr que j'ai peur, parce que j'ai une famille, des enfants, une mère".

"Plus que de la peur, c'est du désespoir", a déclaré M. Orsoni à France Inter. "Je vis très mal (cette situation). Je pense que je vais quitter l'ACA. Nous sommes dans une situation complètement folle", a-t-il ajouté. S'estimant "condamné à mort", il confie également qu'il envisage de demander un assouplissement de son contrôle judiciaire pour pouvoir quitter la Corse et la France.

Quatre proches de M. Orsoni ont été assassinés à Ajaccio depuis trois ans et demi, notamment l'avocat Antoine Sollacaro, ancien militant nationaliste comme lui et conseil de l'ACA, tué par balles le 16 octobre. Jacques Nacer tué mercredi était le secrétaire général de l'ACA.

Alain Orsoni sur France Inter. L'interview de Jacques Vendroux, dans son intégralité.

"Je crois comprendre que la majorité des journalistes a trouvé la solution (ndlr: en évoquant la proximité de victimes d'assassinats avec Alain Orsoni). Je suis personnellement atterré par ce que j'entends. On est en train de mettre une cible sur ma personne", a-t-il encore déploré. Militant nationaliste de la première heure, dans les années 1970, puis dirigeant du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), Alain Orsoni qui a ajouté connaître "pratiquement la moitié de la Corse et l'autre moitié me connaît", a vécu treize ans en exil en Amérique latine et en Espagne avant de rentrer dans l'île en 2008 pour prendre la présidence de l'ACA. Quelques mois après son retour, un projet d'assassinat contre lui avait été déjoué par la police.

"Je ne sais pas aujourd'hui qui arme les assassins et je ne sais pas qui sont les assasins", a encore déclaré le président de l'ACA après que le ministre de l'Intérieur Manuel Valls ait affirmé qu'il savait "des choses". "Je n'ai aucune affaire en Corse, je mène une vie normale, payé 4000 euros par mois par le club", "loin d'être un richissime manitou qui tire les ficelles". Expliquant qu'il n'avait aucune affaire dans le BTP notamment, il a affirmé que son voeu le plus cher était de "quitter la France".

Alain Orsoni se sent "condamné à mort"

Manuel Valls, ministre de l'Intérieur : "Orsoni... par rtl-fr

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a déclaré jeudi à Ajaccio que la lutte contre le crime organisé en Corse visait de nombreux secteurs économiques, notamment celui du sport. Manuel Valls, a estimé que l'ancien dirigeant nationaliste savait "des choses" a propos du meurtre de son ami Jacques Nacer, le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Corse-du-Sud tué par balles mercredi à Ajaccio. "Orsoni sait des choses alors qu'il parle", a-t-il dit sur RTL, ajoutant "en Corse, les professionnels de l'immobilier, les notaires, les responsables des cercles de jeux se singularisent par leurs très faibles contributions en matière de déclarations et pourtant les infractions qui sont identifiées par Tracfin révèlent un lien entre ces secteurs et la criminalité organisée". Ils sont muets quand il s'agit de trafic de stupéfiants, d'association de malfaiteurs, de corruption par rapport au secteur immobilier et dissimulent de ce fait, directement ou indirectement, de manière consciente ou non, des pratiques à caractère mafieux".

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