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Andy a été jugé irresponsable

Les jurés ont conclu à l'abolition du discernement de l'accusé au moment des faits

Par Grégoire Bézie

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Tuerie familiale: 18 ans de prison requis

L'avocat général de la cour d'assises des mineurs de Corse-du-Sud a requis vendredi une peine de 18 ans de prison non assortie de sursis contre le garçon de 19 ans qui avait tué par balles ses parents et ses deux petits frères jumeaux, en 2009 près d'Ajaccio, alors qu'il avait 16 ans.

La cour d'assises des mineurs de Corse du sud a acquitté Andy du meurtre de ses parents et de ses frères.

Le jeune homme a été jugé irresponsable des faits commis en août 2009 à Agosta plage.

Au terme de plus de six heures de délibéré, les jurés ont conclu à l'abolition du discernement de l'accusé au moment des faits.

L'adolescent avait tué ses parents et ses frères jumeaux âgés de 10 ans dans la nuit du 11 au 12 août 2009 avec un fusil de chasse de son père, dans la maison familiale du village d'Albitreccia, sur la rive sud du golfe d'Ajaccio. Retrouvé par l'un de ses oncles le lendemain sur une plage voisine, il a toujours reconnu avoir commis ces crimes, mais sans fournir aucune explication à son geste.

Après les gendarmes qui avaient constaté les faits, le médecin légiste qui a examiné les corps des victimes a été entendu mardi par la cour. "J'ai relaté essentiellement les éléments d'autopsie et donné des précisions sur les trajectoires des six balles qui avaient atteint les victimes", dans la nuit du 11 au 12 août 2009 dans la maison familiale d'Albitreccia, un village de la rive sud du golfe d'Ajaccio, a déclaré à la presse le Dr Christian Capobianco. Il a ajouté que l'accusé, Andy, qui a toujours reconnu les faits et les a racontés en détail aux enquêteurs mais sans jamais expliquer pourquoi il avait agi ainsi, n'avait "rien dit du tout" à l'audience.

La cour a aussi entendu les experts en balistique sur la manière dont le jeune homme avait pu tuer ses parents et ses frères, avec un fusil à pompe de chasse Winchester qui appartenait à son père. Elle a ensuite entendu, mardi et mercredi, des témoins, dont une jeune fille amie d'Andy, avec laquelle il est resté en contact, et une autre à laquelle il avait remis des montres et une somme d'argent dérobées dans le coffre-fort familial la nuit de la tuerie.

La cour d'assises avait ordonné lundi le huis clos, eu égard, selon le président David Macouin, à la "fragilité psychologique" de l'accusé qui n'avait que 16 ans lors des faits, et du besoin de "protéger ce jeune majeur des incidences d'un procès public". Seule la défense avait souhaité un procès public pour rompre l'isolement d'Andy, incarcéré depuis plus de trois ans à Borgo, près de Bastia. Les experts psychiatres, dont les avis étaient contradictoires sur la capacité de discernement d'Andy lors des faits, seront entendus jeudi. Trois collèges d'experts ont rendu des conclusions radicalement différentes depuis trois ans. La question du discernement du jeune homme était au cœur de ce procès.

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Question/Réponse : Eric Leoni, professeur à l'université de Corse

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