La Corse lance une étude épidémiologique

L'enquête vise à recenser les maladies pouvant être liées au nuage radioactif de Tchernobyl de 1986.

Par Jean CROZIER

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Tchernobyl: une enquête épidémiologique est en cou

26 ans après le passage du nuage radioactif de Tchernobyl, l'enquête épidémiologique demandée par la Collectivité Territoriale de Corse rentre dans une phase active. Les chercheurs italiens chargés de cette étude lance un appel à la population.

26 ans après le passage du nuage radioactif de Tchernobyl, l'enquête épidémiologique demandée par la Collectivité Territoriale de Corse rentre dans une phase active.

Lancée mercredi par la collectivité territoriale de Corse (CTC) auprès de la population par l’intermédiaire des médias locaux, cette enquête vise à vérifier s’il existe ou pas un lien entre l’augmentation de certaines pathologies (maladies du sang, cancers de la thyroïde, etc.) et les retombées radioactives du nuage consécutif à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

Les personnes habitant en Corse et ayant été atteintes d’une pathologie pouvant être liée à ce nuage sont invitées à contacter une équipe de l’hôpital Galliera de Gênes, en Italie. Ce sont ces médecins italiens qui, à partir des données recueillies, seront chargés d’évaluer les conséquences sanitaires du passage du nuage de Tchernobyl sur la Corse.

Contacter le plus grand nombre de personnes possibles

Pour la CTC, "il sera particulièrement important de déboucher sur un état des lieux le plus complet possible et à cet effet la coopération de la population est vivement souhaitée." La CTC a indiqué profiter de la saison estivale pour contacter le plus grand nombre de personnes possibles. La population, selon le communiqué, est appelée à contacter directement l'équipe du professeur italien Paolo Cremonesi de l'hôpital Galliera de Gênes, par téléphone (06.85.39.63.39.) et par e-mail (tchernobyl.corsica@gmail.com). L'Assemblée de Corse avait dénoncé à l'unanimité le 8 octobre 2011 la décision de non-lieu de la cour d'appel de Paris dans l'enquête sur l'impact du nuage radioactif de Tchernobyl en France. Elle s'était déclarée "indignée de la démarche des autorités politiques qui ont voulu mettre un terme à une procédure judiciaire susceptible de conduire à la vérité". Les élus corses avaient aussi adopté le principe de l'organisation d'une conférence de presse internationale à Paris, "afin de prendre l'opinion européenne à témoin sur les enjeux matériels, et surtout moraux, de cette affaire". Le non-lieu prononcé le 7 septembre par la cour d'appel de Paris avait provoqué la colère en Corse, où une explosion du nombre de cancers et de maladies de la thyroïde avait été enregistrée dans les années suivant la catastrophe de Tchernobyl. La cour d'appel de Paris a estimé que cette catastrophe n'avait pas eu de conséquence sanitaire mesurable en France. Elle a notamment mis hors de cause l'ancien directeur du Service central de protection contre les rayons ionisants, le Pr Pierre Pellerin, seul mis en examen, pour "tromperie aggravée", en 2006, dans ce dossier. L'avocat des parties civiles, Me Bernard Fau, avait annoncé que l'association des victimes françaises de Tchernobyl allait se pourvoir en cassation contre cet arrêt. (Source: AFP)

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