La Corse, bonne élève en matière de préservation de l’environnement

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Écrit par C.B.

Le taux de préservation de l’environnement en Corse est meilleur que sur le continent, selon un récent rapport de l’INSEE. Si le niveau de protection des espaces naturels, la qualité de l’air et de l’eau sont jugés bons, le niveau de gestion des déchets est inférieur à celui du continent.

L’environnement est globalement mieux protégé en Corse que sur le continent. C’est la conclusion d’un rapport publié par l’INSEE le 28 juin dernier, qui vérifie le respect des objectifs de développement durable fixés par l’ONU en 2015 dans son "Agenda 2030".

Protection des espaces naturels

La protection des espaces naturels est l’un objectifs majeurs du programme onusien établi en 2015. En Corse, son taux est plus élevé que la moyenne nationale. Cette bonne note s’explique grâce à l’exercice de trois leviers d’action sur le territoire :

  • L’existence de sept réserves naturelles : Le statut de réserve naturelle limite l’intervention de l’homme sur ces zones et y empêche toute intervention artificielle susceptible de les dégrader. Etablies sur 86 624 hectares, ces réserves se concentrent sur le littoral. A échelle régionale, la protection des côtes est un enjeu essentiel des politiques de préservation de l’environnement.
  • Les zones Natura 2000 : 15% du territoire corse est protégé par le dispositif européen Natura 2000, contre 13% sur le continent. Le dispositif veut assurer une meilleure prise en compte des enjeux de biodiversité vis-à-vis des activités humaines. En Corse,  les 134 000 hectares concernés sont en grande partie situés en mer.
  • La mention "espaces naturels remarquables" : Ce dernier levier de protection concerne 16% de la surface de l’île pour la faune, et 23% pour la flore. Sur le continent, ces taux s’élèvent respectivement à 11% et 18% du territoire.

Au total, ces trois outils de protection concernent 55% du territoire corse.

Une bonne qualité de l’eau, quoique fragile

  • Qualité des cours d’eau : Autre outil d’évaluation du niveau de préservation de l’environnement, la qualité des cours d’eau est meilleure sur l’île que dans le bassin Rhône-Méditerranée. Selon des critères chimiques et biologiques, 18% des 22 cours d’eau contrôlés en 2020 sont jugés en "très bon état écologique", 68% en "bon état écologique". Aucun n’est considéré comme en "mauvais état" ou "médiocre". Surtout, leur qualité générale s’améliore depuis plusieurs années.
  • Qualité des eaux douces : Sur ce point, le bilan est plus mitigé. Sur les 53 sites testés, 24 sont jugés d’excellente qualité ; 21 de bonne qualité ; mais 5 ont une qualité d’eau suffisante et 3 une qualité insuffisante.
  • Qualité de l’eau de mer : Dans 95% des 170 sites contrôlés, cette dernière a été jugée excellente. Dans les 4% restants, elle est jugée de "bonne qualité".
  • Qualité des points de baignade : En 2020, 223 sites ont été contrôlés. La qualité de l’eau y est jugée "excellente" dans 83,4% des cas, "bonne" ou "suffisante" dans 14,8% des cas et "insuffisante" dans seulement 1,8% des cas.

Peu de jours avec une mauvaise qualité de l’air

La majeure partie de l’année, la qualité de l’air est jugée "bonne à très bonne" en Corse. C’était vrai 297 jours sur 365 à Ajaccio en 2020. À Bastia, les données récoltées sont moins bonnes, avec 274 jours sur 365 la même année.

Ces chiffres sont en augmentation, y compris en milieu rural, où la qualité de l’air fut très bonne sur 79% des jours en 2020, contre 72% en 2019. Les périodes de confinement et la crise sanitaire peuvent en partie expliquer cette amélioration. Aussi, la présence des principaux polluants mesurés dans l’air reste inférieure aux seuils au-delà desquels ils représentent un danger pour la santé.

Une gestion des déchets impactée par l’activité touristique

En Corse, la production de déchets est plus importante que sur le continent. En 2020, 226 900 tonnes étaient produites, soit 677 kg par habitant. Ce chiffre dépasse de 29% la moyenne nationale, fixée à 525 kg par habitant. En 2019, l’écart atteignait même 39%.

Selon le rapport, cette surproduction s’explique par l’activité touristique. Le volume de déchets produit par habitant est plus important dans les intercommunalités les plus touristiques : Alta Rocca, Île Rousse-Balagne, Sud Corse ou encore Calvi Balagne.

Le volume de déchets triés, quant à lui, est en progression sur les trois dernières années. Mais la Corse reste un territoire où l’on trie peu, avec 142 486 tonnes non triées en 2020, soit 425 kg de déchets par habitant et par an.

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