Le conflit à l'Esat du Fiumorbu se poursuit au palais de justice de Bastia

Publié le Mis à jour le
Écrit par S.G, A.B
Huit salariés syndiqués au STC était assignés à comparaître devant la juridiction civile des référés, au tribunal de Bastia, ce vendredi 7 janvier.
Huit salariés syndiqués au STC était assignés à comparaître devant la juridiction civile des référés, au tribunal de Bastia, ce vendredi 7 janvier. © Paul Salort / FTV

Depuis le 25 novembre, des salariés syndiqués au STC de l'Esat du Fiumorbu mènent plusieurs mouvements de grève au sein de l'établissement, dénonçant notamment des locaux insalubres. Huit d'entre eux étaient ce vendredi assignés à comparaître devant la juridiction civile des référés.

Le combat, débuté le 25 novembre dans les locaux de l'établissement et service d'aide par le travail (Esat) du Fiumorbu, s'est poursuivi au palais de justice de Bastia, ce vendredi 7 janvier. Ils sont huit salariés de l'Esat à avoir été assignés à comparaître devant la juridiction civile des référés.

Ce que leur reproche leur employeur, Marc Buffigniani : avoir occupé les locaux de l'institut illégalement, depuis le 25 novembre, alors que certains d'ente eux avaient déposé des arrêts maladie. Le directeur de l'établissement affirme avoir également été harcelé, et raconte des violences commises à l'encontre d'un employé non-gréviste. Des propos que les salariés assignés au tribunal contestent fermement.

Locaux insalubres

Ces derniers évoquent des mauvaises conditions de travail et des locaux insalubres, raisons de leurs mouvements de manifestations. Depuis trois ans, l'Esat doit connaître une rénovation. Le bâtiment n'est à ce jour plus en état d'accueillir dignement les 63 personnes handicapées résidantes, affirme Marie-Antoinette Santoni, déléguée STC salariée de l'établissement.

"Actuellement, entame-t-elle en guise d'exemple, les climatisateurs sont en panne, il fait froid pour les résidents, alors que la direction, eux, sont bien au chaud." Une panne résultante d'une absence de "contrat d'entretien", assure-t-elle.

"C'est juste un encrassage de filtres, mais comme on n'a pas d'ouvriers d'entretien habilité, le problème dure. Et tout ça, c'est toujours pour faire des économies. On sacrifie la santé des gens hébergés pour des notions bassement matérialistes ! Nous, si nous sommes ici, c'est parce que nous nous préoccupons du bien être des résidents avec qui nous travaillons."

Recours à la médiation

Les huit salariés regrettent un conflit qui dure depuis "plusieurs années", et une direction peu encline à la discussion. Face à cette situation, la présidente de la juridiction civile des référés envisage aujourd'hui le recours à une médiation. Une proposition bien accueillie par les conseils des grévistes.

"Mes clients souhaitent sortir de ce conflit syndical par le haut et ont toujours souhaité discuter avec la direction, indique Me Benjamin Genuini. La situation ne date pas d'une semaine mais d'années, et la situation continue de se dégrader. Donc, évidemment, ils sont favorables à se mettre autour d'une table et discuter. On espère qu'un tiers pourra permettre de dénouer cette situation, entre les uns et les autres et faire valoir les revendications de mes clients de manière totalement objective."

Contactés, le directeur de l'Esat du Fiumorbu et ses avocats n'ont pas souhaité s'exprimer.

Le délibéré sera rendu le 10 janvier prochain.

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