Législatives 2022 : 5 questions à Nathaly Antona, candidate dans la première circonscription de Corse-du-Sud

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Écrit par A. Stromboni

Candidate pour la première fois à une élection législative, Nathaly Antona représentera le Rassemblement National dans la première circonscription de Corse-du-Sud. Pouvoir d’achat, droits de succession et santé figurent parmi ses thèmes de campagne.

Déléguée territoriale du Rassemblement National en Corse, Nathaly Antona se lance dans la bataille des Législatives sous la bannière du parti d’extrême droite.

Deuxième de la liste conduite par Francis Filoni aux Territoriales de juin 2021, l’enseignante de 47 ans est cette fois candidate dans la première circonscription de Corse-du-Sud où son parti avait obtenu 12,4 % des voix aux Législatives de 2017. Elle aura comme suppléante Ariane Natali.

France 3 Corse : Qu’est-ce qui a motivé votre candidature dans la première circonscription de Corse-du-Sud ?

Nathaly Antona : Je suis dans la continuité de mon investissement au service des autres depuis toujours. J’ai commencé le bénévolat à l’âge 17 ans, j’en ai 47 aujourd’hui. Cela fait donc une trentaine d’années. Mais je me suis vite rendue compte que le bénévolat a des limites et que si on veut pouvoir porter des projets et faire avancer les choses, il faut aller au-delà du bénévolat. C’est pour cela que j’ai choisi de m’investir de manière générale en politique et donc de me présenter à cette élection législative.

Ce que je veux, c’est apporter une image apaisée de la Corse. Nous avons envie d’une Corse prospère, dans laquelle on retrouve un petit peu le bonheur de vivre parce qu’aujourd’hui la situation est difficile pour tout le monde. Que ce soit dans le rural ou en ville, peu importe votre catégorie sociale, aujourd’hui personne n’est épargné : la jeunesse, les actifs, nos personnes âgées. Je suis très attachée aux anciens. Quand je vais dans les villages et que je vois des personnes âgées isolées qui ont des problèmes de santé, pour se nourrir ou se chauffer, ça me touche énormément. Je veux donc pouvoir faire quelque chose, notamment au niveau national car c’est là que les grandes idées se défendent et que les lois se font. J’ai bien l’intention de peser pour apporter des solutions à notre île.

Si vous êtes élue à l’Assemblée nationale, quelles seront vos principales actions en faveur de votre circonscription ?

Quelle que soit la circonscription en Corse, on en revient toujours aux mêmes problèmes. Aujourd’hui, je crois que la priorité des gens reste le pouvoir d’achat. Les prix explosent. Bientôt, nous ne pourrons plus nous nourrir ; se déplacer devient de plus en plus compliqué. Je ne sais même pas comment les gens des villages vont pouvoir continuer à venir faire leurs courses en ville puis remonter ; les gens qui travaillent ont besoin de leur véhicule pour se déplacer. Nous ne bénéficions pas d’un système de transports en commun qui puisse nous permettre de nous passer de la voiture. Le pouvoir d’achat sera donc ma priorité.

Il y a aussi en Corse un sujet très important, celui des droits de succession. Nos jeunes ne peuvent plus hériter du fruit du travail de leurs parents. Ils ne peuvent donc pas hériter des terres familiales, ni de l’appartement familial. Je voudrais qu’on apporte des solutions à cette jeunesse qui a déjà des soucis de formation et pour trouver un emploi. En plus de cela, elle a maintenant des soucis pour se loger. Cela coûte très cher de louer et encore plus d’acheter un appartement avec la spéculation immobilière. Ce sont vraiment de grands thèmes qui me tiennent à cœur. Après, il ne faut pas oublier la santé, où il faut souvent partir sur le continent pour se soigner. C’est donc difficile de parler de priorité car il y a beaucoup de travail en Corse. Je suis prête à relever les défis.

Un cycle de discussions devrait s’amorcer entre le futur gouvernement et les élus de la Corse autour de la possibilité d’évoluer vers un  statut d’autonomie. Quelle sera votre position sur cette question ?

Je vais être très claire : le statut à la Polynésienne, ça ne m’intéresse pas. Je ne veux pas de 55% de la population de l’île en-dessous du seuil de pauvreté. On a déjà 75.000 personnes sous ce seuil en Corse. Et avec cette idée qui est en train de se préparer, c’est ce qui nous attend. Je voudrais que les gens prennent conscience de que cela signifie. L’autonomie de type Polynésie française, ce n’est pas bon pour l’avenir de notre île. Si en plus on ajoute à cela le milieu affairiste et mafieux qui se développe dans l’île, ce serait une catastrophe pour nous. Je veux le bonheur des Corses, je ne veux pas que la situation empire.

Sur certains thèmes, notamment l'immigration, votre parti est proche de Reconquête! qui présentera des candidats dans l’île pour ces Législatives. Cela ne peut-il pas vous pénaliser de ne pas avoir fait alliance avec ses représentants locaux ?

Nous sommes en très bons termes avec monsieur Battistini qui est le représentant d’Éric Zemmour en Corse et qui se présente d’ailleurs dans la deuxième circonscription de Corse-du-Sud. C'est vrai que nous avons des points communs mais aussi quelques points de divergence. Dans ce laps de temps très rapide entre la Présidentielle et la Législative, les discussions politiques sont difficiles. Nous n’avons peut-être pas eu assez de temps pour travailler ensemble sur ce qui nous réunit. Si on passe trop de temps sur ce qui nous sépare, on ne peut pas avancer ; c’est d’ailleurs valable pour tous les partis politiques, pas que pour les nôtres. Nous comptons rester en très bons termes avec les représentants d’Éric Zemmour qui ne sont pas des concurrents mais simplement des adversaires politiques. Ce qui n’empêche pas d’avoir de très bonnes relations.

Après le score élevé de Marine Le Pen dans l’île (58,08%) lors des dernières élections présidentielles, serait-ce une déception de ne pas avoir un député en Corse pour votre parti ?

À titre personnel, non, car je n’ai pas d’ambition pour moi-même. En revanche, je serais plutôt déçue par rapport aux propositions faites par le RN à la fois sur le plan national et sur le plan local car elles sont très bonnes pour notre île. Je suis totalement opposée aux personnes qui nous disent que le RN ne s’intéresse pas à la Corse. Ce n’est pas vrai. Au niveau national, le parti a pris le temps de nous écouter, de regarder nos propositions pour l’île et les a validées. Notamment sur la zone franche, les droits de succession, la vie chère en Corse et la volonté de réduire la TVA à 5,5%. Nous avons donc énormément de choses à gagner à prendre à la fois les propositions nationales et locales afin de retrouver la paix, la prospérité et le bonheur.