Maître Cormier, avocat d'Yvan Colonna : "il est mort en homme libre"

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L'un des trois avocats d'Yvan Colonna a pris la parole, à Marseille, au lendemain du décès du berger de Cargese, survenu à la suite de l'agression d'une grande violence qu'il avait subie le 2 mars dernier à la prison centrale d'Arles.

Au lendemain de l'annonce de la mort d'Yvan Colonna, Sylvain Cormier a pris la parole devant la caméras de nos confrères de France 3 Marseille, au nom de la famille : "elle est concentrée sur sa tristesse, la décision qu'il a fallu prendre, et le recueillement". 

L'avocat a tenu à souligner leur attitude depuis le début de l'affaire"Il faut voir ce qu'ils ont enduré. Ils ne se sont jamais départis d'une dignité totale, depuis le début"

Yvan Colonna luttait pour démontrer son innocence. Il n'avait pas abandonné ce combat-là.

Sylvain Cormier

Interrogé sur son sentiment au lendemain du décès du nationaliste, Sylvain Cormier parle d'un "gâchis immense" : Yvan Colonna luttait pour démontrer son innocence. Il n'avait pas abandonné ce combat-là. Il était également en lutte contre un statut de DPS qu'on lui infligeait, injustement, en prison. Mais le combat d'un homme enfermé dans une centrale de haute-sécurité, c'est une parole qui a du mal à sortir". 

"Un homme de combat"

Pour son avocat, c'est "un homme de combat qui est décédé tragiquement". Et Sylvain Cormier de promettre que ce combat n'est pas mort avec lui : "Ca peut paraître aujourd'hui complètement à coté de la plaque, ressembler aux paroles d'un illuminé, mais le combat pour son innocence, je compte ne pas l'abandonner". 

Quand on revient sur les enquêtes en cours, l'avocat rappelle en préalable que depuis hier, c'est "le temps du recueillement".

Mais "Ensuite, et c'est la mission que nous aurons avec mes confrères Emmanuel Mercinier-Pantalacci et Stella Canava, viendront les moments ou il faudra agir, poser des questions et obtenir des réponses". 

"La famille est particulièrement vigilante au fait que toutes les preuves soient conservées" précise-t-il. "Nous avons des garanties des magistrats instructeurs sur ce point, nous n'avons aucune raison de douter de ce qu'ils ont déjà fait, on a de nombreuses vidéos qui ont été figées, et nous allons pouvoir effectuer un travail de fond". 

"Des explications franchement douteuses"

Néanmoins, Sylvain Cormier souligne que de nombreuses failles existent dans la version de l'agression que nous connaissons. Il revient ainsi sur la première audition de la commission des lois de l'Assemblée nationale, devant laquelle s'était présenté Laurent Ridel, directeur de l'administration pénitentiaire.

Une audition qui, selon lui, "a révélé des choses très intéressantes. Notamment des mensonges qui, dès le début de cette affaire, ont été proférés aux députés. J'en prends quelques exemples : la salle de sport avait une porte ouverte, nous dit-on, alors que ce n'était pas le cas. Elle était fermée. On a eu également quelques explications, pas mensongères mais franchement douteuses, sur la vidéosurveillance. On nous a expliqué très laborieusement qu'il y avait des vidéos, que tout était filmé mais qu'on ne les regardait pas toujours... Pendant dix minutes, quelqu'un a pu se faire assassiner dans une des prisons peut-être les plus surveillées de France. Il va falloir répondre à des questions, bien sûr". 

Les prochaines devaient être posées demain, matin, avec la deuxième audition de la commission des lois de l'Assemblée nationale, avec Marc Ollier, chef d'établissement de la Maison centrale d'Arles. Mais elle a été décalée au 30 mars prochain. 

Un gâchis immense.

Sylvain Cormier

Alors que le temps de la justice, qui suivra le temps du recueillement, risque fort d'être une longue bataille, Sylvain Cormier conclut l'entretien en déclarant "Yvan Colonna est mort en homme libre. Il n'avait pas de numéro d'écrou, sa peine avait été suspendue. C'est cette dernière victoire, symbolique, qui peut être le futur de quelque chose".

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