Mobilisation des personnels de petite enfance : "il faut reconnaître la pénibilité de ce travail, et revaloriser les salaires à leur juste valeur"

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La grève nationale des personnels de la petite enfance a été suivie en Corse, où deux rassemblements ont eu lieu à Bastia et Ajaccio. La profession réclame plus de reconnaissance, et dénonce un arrêté qui permet le recrutement de personnes non diplômées.

Depuis le 31 août dernier, les crèches, qu'elles soient privées ou publiques, peuvent recruter des personnels non-diplômés. C'est la solution qu'a trouvé le gouvernement pour pallier le manque de professionnels de la petite enfance, alors que les crèches, à travers le pays, rencontrent de graves difficultés pour répondre à la demande. 

"Nous n'avons que deux bras"

Une solution qui, sans surprise, scandalise les personnels qui sont titulaires d'un CAP petite enfance, d'un diplôme d'auxiliaire de puériculture ou d'éducateur de jeunes enfants, et qui voient arriver des renforts sans aucune expérience, qu'ils vont de surcroît devoir former. La formation se fera en effet en crèche, et les nouvelles et nouveaux venus pourront être en charge d’un groupe d’enfants. Le problème, c'est qu'ils ou elles devront être accompagnés par un professionnel diplômé.

Delphine Cambiaggio, auxiliaire de puériculture à Ajaccio, ne décolère pas : "on a plus d'enfants à surveiller, et maintenant il faut qu'en plus, on surveille également les personnes qui ne sont pas qualifiées ? Nous n'avons que deux bras, on ne peut pas se démultiplier. Cet arrêté est inquiétant. Il en va de la sécurité des enfants, et des agents eux-mêmes..." Comme elle, ils sont une petite centaine à s'être réunis, ce matin du jeudi 6 octobre, devant la préfecture de Corse, à Ajaccio. En début d'après-midi, ils seront presqu'autant à Bastia, devant la préfecture de Haute-Corse. 

L'appel à la mobilisation, en Corse, vient de l'UNSA et du STC, avec le collectif Pas de bébé à la consigne !, créé il y a un peu plus d'un an. 

Un secteur pénible

Sandra Banes-Pallenti, du syndicat UNSA, est également directrice de crèche. Et si elle est soulagée que, pour l'heure, aucun personnel non qualifié n'ait été engagé à Ajaccio, elle redoute que le problème ne se pose tôt ou tard : "c'est aux centres de formation de répondre à nos besoins, à travers les diplômes et les concours. Ils faut qu'ils soient à notre écoute". 

"Un éducateur pour jeunes enfants, c'est bac+3, un BEP professionnel c'est sur deux ans ! Les 120 heures que l'on propose aux nouveaux venus sans diplôme, c'est 3 mois de formation ! Quelle prestation ils vont pouvoir assurer avec les enfants ?" déplore une éducatrice bastiaise. 

Pour le STC, "cet arrêté constitue une véritable offensive contre la reconnaissance de la qualification des agents"

Jean-Diego Serra, représentant STC à la mairie d'Ajaccio, grimpe sur une tribune de fortune, pour s'adresser au professionnels : "toutes les mesures annoncées doivent être retirées. On demande une vraie considération de votre métier. C'est l'une des raisons pour lesquelles il est important d'avoir des gens qualifiés. Le secteur est un secteur pénible, il faut reconnaître la pénibilité de ce travail, et revaloriser les salaires à leur juste valeur". 

 

 

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