Montagne : le pari de développer les sports de pleine nature à l’année

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Écrit par France 3 Corse ViaStella

Les sports de pleine nature permettent de donner une autre vocation à la montagne. Plusieurs entreprises s’y sont implantées. L'activité est saisonnière, pourtant certains ont réussi le pari de travailler à l'année. Comme d'autres secteurs, ils peinent à recruter localement.

« Moi, je me considère comme un agriculteur, mais au lieu d’avoir des oliviers, on cultive des touristes. On essaye de bien les cultiver », livre Jean-Christophe Bastiani, fondateur d’In Terra Corsa. 

Il a fondé In Terra Corsa à Ponte-Leccia il y a 20 ans. Il s’est installé au village et travaille à l’année. Un choix assumé et militant. Il est persuadé que la Corse pourrait devenir un eldorado des sports de pleine nature en toute saison. « Il manquerait une offre d’hébergement ouvert à l’année. […] Si on met en place des lignes aériennes du reste de l’Europe, on pourrait amener du monde toute l’année et se développer vers l’Incentive qui serait une de nos niches de travail pour nous permettre d’étendre les saisons », estime-t-il. 

Les séjours Incentive sont des séjours de motivation organisés par les entreprises et donc hors vacances scolaires. L’entreprise emploie sept salariés à l’année, tous ont été formés pour encadrer une multitude d’activités. Un profil de couteau suisse trop rare sur le marché corse, pendant la saison, les besoins en main d’œuvre sont multipliés par trois. 
 

Diplôme pluriactif 


Pour pallier les carences de recrutement, les professionnels du secteur planchent sur de nouvelles formations avec la collectivité de Corse. « On travaille depuis deux ans sur un diplôme pluriactif, de la montagne à la mer, pour les jeunes corses », continue Jean-Christophe Bastiani. 

 
Montagne : le pari de développer les sports de pleine nature à l’année


Pour entretenir le matériel et proposer de nouvelles activités à ses clients, l’entreprise investit 150 000 euros par an. En pleine saison, des dizaines de personnes empruntent sa Via Ferrata et dans les rivières, ils sont parfois des centaines. 
 

« Faire de quotas pour protéger »


Une très forte demande qui attire de nombreux travailleurs indépendants qu’ils soient insulaires ou de passage. La concurrence n’est pas un problème pour Jean-Christophe Bastiani, mais il s’inquiète de la sur-fréquentation. « Il y a de la place pour tout le monde, mais il faut dans nos secteurs d’activité faire des quotas pour protéger. Les entreprises pérennes de l’intérieur et ouvertes toute l’année militent pour que des quotas soient mis en place », explique-t-il. 

Former des professionnels pour recruter local. Limiter l’impact écologique des activités pour préserver l’outil de travail, deux objectifs partagés par ces professionnels des sports de pleine nature avec une ambition : continuer à vivre de leur passion.