Protection de l'enfance : la Corse va bénéficier d'un soutien financier de l'Etat

Illustration : un centre PMI. / © Marlene Awaad / Maxppp
Illustration : un centre PMI. / © Marlene Awaad / Maxppp

Places en foyers, interventions chez les familles en difficulté, meilleur accompagnement des enfants placés handicapés : 30 départements bénéficieront en 2020 d'un soutien financier en faveur de la protection de l'enfance, dont la Haute-Corse et la Corse-du-Sud.
 

Par P.S. avec AFP

Trente départements devront conclure avec l'Etat, "d'ici juin 2020, un contrat avec des projets et des priorités en matière de prévention et de protection de l'enfance", a détaillé le secrétaire d'Etat chargé de la Protection de l'enfance, Adrien Taquet.

Les premiers départements concernés - de la Meuse au Val-d'Oise, en passant par les deux départements de ma Corse, la Guyane, La Réunion ou le Gard - ont été choisis pour leurs projets innovants en matière de prévention, de détection ou de prise en charge des enfants maltraités.
 

Pourquoi la Corse ?

"La Corse a présenté un état des lieux précis et des propositions nombreuses notamment en matière de prévention : développement de la PMI [protection maternelle et infantile, ndlr] avec les visites à domicile, développement de l’entretien prénatal précoce, création d’un bus santé social pour favoriser l’aller-vers", explique Julien Bosdonnat conseiller presse d'Adrien Taquet.

En matière de protection de l'enfance, la Corse a également proposé de diversifier ses compétences, notamment dans l'accompagnement des familles et la prévention des risques concernant les mineurs en danger.

"Faisant face à certaines difficultés dont un taux de pauvreté de 19,6% la Corse fait preuve d’un grand volontarisme dans les projets proposés : c’est pour cela que sa candidature a été retenue par le secrétaire d’Etat", précise Julien Bosdonnat.

"Nous avons aussi cherché un équilibre géographique entre les territoires urbains et ruraux, incluant les outremers, ainsi que les départements présentant des particularités telles que l'insularité, une démographie croissante ou l'arrivée importante de mineurs non accompagnés", a ajouté le secrétaire d'Etat Aurélien Taquet.
 

Cofinancement Etat / départements

Ces contrats impliqueront "un cofinancement par les départements à hauteur de 50%" à l'échelle nationale pour "des projets avec des objectifs fixés et dont les premiers résultats seront évalués d'ici un an", a-t-il encore dit.

Il s'agira par exemple d'investir davantage dans la Protection maternelle et infantile pour des visites à domicile, de soutenir l'accompagnement des enfants placés en situation de handicap, ou d'implanter des "villages d'enfants", structures gérées par Action Enfance et SOS Villages d'enfants, qui favorisent l'accueil de fratries au sein de "villages" de plusieurs petits pavillons.
 

Plus de 350.000 jeunes concernés

Plus de 350.000 jeunes font l'objet d'une mesure de protection de l'enfance en France, dont la moitié sont placés dans des foyers ou auprès de familles d'accueil. Confronté à d'importantes difficultés, le secteur de l'Aide sociale à l'enfance (ASE), placé sous la compétence des départements, a fait récemment l'objet de plusieurs documentaires télévisés révélant des prises en charge défaillantes, notamment dans des foyers.

En 2021, puis en 2022, une trentaine d'autres départements devraient bénéficier de la même démarche, conformément aux ambitions de la "Stratégie nationale de prévention et de protection de l'enfance" présentée au mois d'octobre par le gouvernement. Mais parmi les militants en faveur de la protection de l'enfance, certains regrettent que tous les départements ne soient pas d'emblée logés à la même enseigne. 

 

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