Rétrospective 2018 : l’inscription de la Corse dans la Constitution, un projet en suspens

Le 7 février, Emmanuel Macron annonçait la possibilité d’inscrire la Corse dans la Constitution. Mais les modalités font débat et le projet de réforme constitutionnelle pourrait être enterré.
 

Par P.S.

Le 7 février dernier, à l'issue de deux jours de visite en Corse et après avoir fermé la porte aux principales revendications des nationalistes, Emmanuel Macron acte une avancée majeure : l'inscription de la Corse dans la Constitution.
Irrités par la visite du président de la République tant sur le fond que sur la forme, les nationalistes acceptent tant bien que mal de coopérer.

Dans les deux mois qui suivent, les réunions de travail se multiplient avec les membres du gouvernement et surtout la ministre en charge de la Corse Jacqueline Gourault. L'objectif est d'établir le contenu précis de l'article qui fera mention de l'île. Au fil des visites et malgré la certitude qu'il s'agira bel et bien d'un article spécifique, les relations se refroidissent entre la majorité territoriale et le gouvernement sur le contenu de l'article.
Rétrospective 2018 : l’inscription de la Corse dans la Constitution, un projet en suspens
Equipe - Pierre Simonpoli

Malgré ce désaccord et des divergences entre les différents groupes de l'assemblée de Corse, les conseillers territoriaux se mobilisent en commission des compétences législatives et réglementaires. Objectif : rédiger une copie commune pour la présenter au gouvernement.

Mais les divergences entre la majorité territoriale et les groupes de droite sont trop importantes. Représentant de la république en marche, Jean Charles Orsucci, lui, soutient la majorité territoriale. Au final ce sont trois propositions d'article qui sont présentées à l'Assemblée de Corse le 09 mars à la veille d'une nouvelle rencontre avec le gouvernement. Et les débats portent surtout sur les compétences qui pourraient être transférées à la collectivité de Corse.

Une semaine plus tard c'est donc sans consensus que les élus se rendent une dernière fois à Paris pour deux réunions. La première Place Beauvau. Elle reunit tous les élus insulaires et Jacqueline Gourault. Plus tard dans la soirée, Gilles Simeoni et Jean Guy Talamoni rencontrent le premier ministre à Matignon. La réunion était censée acter le contenu de l'article relatif à la Corse mais pour Jean Guy Talamoni, le compte n’y est pas.

Déçu par cette rencontre, il quitte les discussions avec le gouvernement. Gilles Simeoni assiste en solitaire à la valse des ministres en visite en Corse, et se rend seul à Matignon cet été avant l'examen de la réforme constitutionnelle par l'assemblée nationale.

Car à partir du mois de juillet c'est au palais bourbon que tout se joue.

Deux semaines sont prévues pour que les parlementaires étudient l'ensemble du projet de loi constitutionnelle. Bien décidés à faire amender le document, les députés nationalistes déposent plus de 300 amendements, sont omniprésents dans l'hémicycle, essaient de convaincre en dehors… Mais le débat sur la Corse n'aura finalement pas lieu, les travaux sont interrompus à cause de l'affaire Benalla.

Depuis, les députés nationalistes ont un poids plus important dans l'hémicycle avec la création du groupe Liberté et territoires mais les travaux sur la révision constitutionnelle n'ont toujours pas repris. Initialement annoncé pour janvier, l'examen est repoussé à mars mais pourrait aussi être enterré. L'inscription de la Corse dans la Constitution est donc plus qu'incertaine.

Affaire Benalla, Gilets Jaunes, le gouvernement est dans la tourmente. Une crise qui a contraint Edouard Philippe à annuler son déplacement en Corse au mois de décembre.

Si les précèdent rendez-vous étaient jugés manqués, les prochains pourraient ne pas avoir lieu.


 

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