Sciences : qu’est-ce que le blob ?

Ni animal, ni plante, le blob ressemble à une éponge. C'est pourtant un miracle de la nature qui défie les lois de la biologie. Une conférence était proposée ce dimanche après-midi au parc Galea avec la spécialiste française du blob : Audrey Dussutour.

Régulièrement, avec ses étudiants, Audrey, scientifique au CNRS à Toulouse cherche le blob dans les sous-bois. Ce n’est ni un animal, ni un végétal, ni un champignon, mais une amibe. Elle est capable de se déplacer en rampant à une vitesse d’un centimètre par heure.

Le blob aime les endroits sombres comme les souches. « Ici, c’est vraiment un milieu où on va trouver un blob parce qu’il va se nourrir de bactéries et de petits champignons. C’est dans les milieux humides, après une forte pluie et surtout quand il fait une température assez chaude. En Corse, il y a au moins une centaine d’espèces largement. Ils ne sont pas tous jaunes […] il y a vraiment toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, même si le jaune est le plus fréquent », explique Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS de Toulouse.



Faire avancer la recherche


Le blob passionne les scientifiques, car même sans cerveaux, ni système nerveux, il est capable de trouver de la nourriture dans un labyrinthe, de changer d’alimentation, et même de se régénérer. « Le blob, c’est une cellule géante qu’on peut couper en morceaux. Si vous la coupée en 10 morceaux, et bien vous avez 10 blobs. Et ces blobs vous pouvez les faire sécher. C’est une forme de dormance, il peut rester ainsi pendant deux ans et quand vous le réveillez le blob est à nouveau tout jeune. Et on peut faire ça ad vitam æternam. En laboratoire, avec des conditions de température et de nourriture parfaites il est immortel », continue Audrey Dussutour.

Cet organisme intéresse aussi bien les néophytes que le milieu médical, car le blob a des propriétés antifongiques et anti-bactéricides. Il pourrait aussi faire avancer la recherche sur certaines pathologies. « Il faut faire un parallèle avec les tumeurs. Il y a cette croissance anarchique, exponentielle comme un cancer. Donc on peut étudier le blob pour étudier le cancer », précise Audrey Dussutour.

Si certains curieux n’ont pas pu assister à la conférence au parc Galea, il existe un ouvrage dédié à cette créature présente sur la Terre depuis un milliard d’années.



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