Sénatoriales 2020 : cinq candidats en Haute-Corse et un duel inattendu en Corse-du-Sud

Le dépôt des candidatures s'est clôturé vendredi 11 septembre. Ils seront sept candidats, de tous bords politiques, à briguer le 27 septembre un mandat de sénateur en Corse : cinq candidats pour celui de Haute-Corse, et deux pour la Corse-du-Sud.

ILLUSTRATION. Les sénatoriales auront lieu le 27 septembre prochain.
ILLUSTRATION. Les sénatoriales auront lieu le 27 septembre prochain. © Vincent ISORE / maxppp
Les dés sont jetés. Depuis le 11 septembre, il n’est plus possible de déposer sa candidature aux élections sénatoriales du 27 septembre prochain.

Alors qui pour succéder à Jean-Jacques Panunzi en Corse-du-Sud, et Joseph Castelli en Haute-Corse ?

Un candidat surprise en Corse-du-Sud

Sans grande surprise, Jean-Jacques Panunzi est candidat à sa propre succession. Élu le 28 septembre 2014, le sénateur Les Républicains a auparavant siégé à l’Assemblée de Corse en tant que conseiller territorial (2004-2014), et occupé la fonction de président du conseil général de Corse-du-Sud (2006-2015).

Jean-Jacques Panunzi est membre au sénat de deux commissions : la commission des affaires européennes, et la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable.
Le sénateur de Corse-du-Sud Jean-Jacques Panunzi  candidat à sa réélection aux élections sénatoriales du 24 septembre 2020.
Le sénateur de Corse-du-Sud Jean-Jacques Panunzi candidat à sa réélection aux élections sénatoriales du 24 septembre 2020. © Jean-Pierre Belzit / MaxPPP
La victoire semble presque assurée au sénateur, dans un département où la droite parait indétrônable. Jusqu’au jeudi 10 septembre, Jean-Jacques Panunzi devait même faire cavalier seul.

Mais il sera finalement confronté à un adversaire inattendu : Jean-Hugues Robert, mieux connu sous son pseudonyme du "baron Mariani".

Le candidat étiqueté écologiste, impliqué dans le mouvement A Voce di a Natura Corsa, prévoyait initialement de candidater en Haute-Corse. Problème, sa fille, qui était aussi sa suppléante, n’a pas atteint l’âge minimum demandé de 24 ans.

Bien décidé à tenter sa chance pour pousser les portes du Palais du Luxembourg malgré tout, c’est donc en Corse-du-Sud que Jean-Hugues Robert tentera sa chance, avec une nouvelle suppléante.

Cinq candidats en piste pour la Haute-Corse

En Haute-Corse, on se bouscule un peu plus au portillon. Cinq candidats se présentent pour prendre la place Joseph Castelli : deux nationalistes, deux candidats libéraux, et un socialiste.

Favori de l’élection, Paulu Santu Parigi, maire de Santa Lucia di Mercuriu et candidat Femu A Corsica.

Le nationaliste faisait en juillet dernier ses adieux de président de la Communauté des communes Centre-Corse, se préparant ainsi à devenir le candidat Femu A Corsica pour les sénatoriales.
Paul Santu Parigi part favori pour les élections sénatorial en Haute-Corse.
Paul Santu Parigi part favori pour les élections sénatorial en Haute-Corse. © DR
Si les pronostics le donnent vainqueur, Paulu Santu Parigi veut rester prudent.

"Je ne m’en tiens pas aux rumeurs, je travaille aujourd’hui et je suis serein et déterminé, et la campagne ira jusqu’au bout des élections, car une campagne n’est jamais gagnée d’avance. Nous avons trois députés, qui par leurs fonctions ont besoin d’un candidat au Sénat, et c’est là la raison de notre candidature Femu A Corsica."

Autre militant nationaliste en piste, Simon Venturini, maire d’Alzi et proche de Corsica Libera. Il se présentera cependant sans étiquette, et dément formellement tout soutien, même officieux, d’un parti.

Son objectif : alors que les zones urbaines corses représentent plus des deux tiers des grands électeurs, il aspire devenir le porte-parole du rural.
Simon Venturini veut être le porte-parole du monde rural.
Simon Venturini veut être le porte-parole du monde rural. © DR
Les villages, estime Simon Venturini, souffrent aujourd'hui d'une désertification et ne sont pas suffisamment représentés. Un problème que le candidat ambitionne à résoudre avec cette élection.

La droite partira aussi divisée avec deux candidatures : celles de Jean-Marie Seité, et Jean-Simon Savelli.

Le premier, maire de Galéria, a reçu le soutien de François-Xavier Ceccoli, à la tête de la fédération des Républicains de Haute-Corse, et du groupe Per l’Avvene, mené par Jean-Martin Mondoloni.
Jean-Marie Seité, maire de Galéria, a reçu le soutien des Républicains de Haute-Corse.
Jean-Marie Seité, maire de Galéria, a reçu le soutien des Républicains de Haute-Corse. © DR
Homme du centre, Jean-Marie Seité vise aussi à plaire à la gauche. "Le Sénat c’est une assemblée qui est très proche de la réalité des territoires, et on y voit au centre des groupes qui sont de droite et de gauche, et ce n’est pas un problème." 

Preuve en est, développe-t-il, le groupe sénatorial qui soutient aujourd’hui le président Larché, "et celui dans lequel je siégerai, si j’ai la chance d’être élu" est un groupe mixte.

Jean-Simon Savelli, ex-directeur de cabinet de L’Ile-Rousse, veut lui aussi tenter sa chance pour représenter les territoires. Et tant pis si on dit de lui qu’il divise.

"On peut me le reprocher, mais je peux le faire aussi. Je suis de droite, et je suis dans cette élection pour rassembler tous les partis politiques", se défend celui qui est aussi président de la Ligue corse de rugby.
Jean-Simon Savelli veut "rassembler" autour de sa candidature.
Jean-Simon Savelli veut "rassembler" autour de sa candidature. © DR
Le conseiller territorial, qui n’a encore jamais eu de mandat électif, se dit malgré tout confiant et déterminé pour le scrutin.

Sur le flanc gauche de l’échiquier politique, enfin, Philippe Peretti, allié des nationalistes et adjoint à la culture à Bastia, fera seul la course aux sénatoriales, soutenu par le Parti socialiste.

"Les nationalistes ne peuvent pas penser que les grands courants de pensée de la vie politique soient solubles dans le nationalisme. Il faut que tous les courants soient représentés. Je suis candidat pour représenter un camp, pour représenter une vision de la mission de sénateur représentant la Corse."
Philippe Peretti, adjoint au maire de Bastia, a reçu le soutien du Parti socialiste.
Philippe Peretti, adjoint au maire de Bastia, a reçu le soutien du Parti socialiste. © DR
Anthony Alessandrini, maire d’Antisanti et président du PRG, et François Orlandi, ancien président du conseil départemental, ont de leur côté retirés leurs candidatures, faute d’avoir pu réunir la gauche autour d’eux.

576 grands électeurs sont conviés le 27 septembre pour faire leur choix entre les 7 candidats.  
 
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