La tuberculose bovine, hantise des éleveurs de Haute-Corse

La tuberculose bovine, hantise des éleveurs de Haute-Corse
Intervenants : Jean-Darius Saliceti, Eleveur bovin à San Lorenzo // Annick Havet Chef de service "Santé protection animale et végétale", direction de Cohésion Sociale et Protection des Populations (DCSPP) // Lucien Filippi, Eleveur bovin à Linguizetta // Pierre Havet, Chef du service Securité qualité sanitaire - DCSPP - Emilie Arraudeau, Daniel Bansard

La tuberculose bovine est présente sur une grande partie de la Haute-Corse. L'an dernier, grâce à la multiplication des contrôles, 65 vaches malades ont été abattues pour éviter la propagation de cette maladie transmissible aux autres espèces et à l'homme.

Par PS

Abattage

Le seul remède contre la tuberculose bovine, c’est l’abattage. Jean-Darius Saliceti, éleveur bovin à San Lorenzo, le sait bien. Un cas de tuberculose s'est déclaré dans son troupeau à l'automne. Trois de ses bêtes ont été abattues.
 
Depuis, toute son activité est sous contrôle. Il ne peut plus vendre ses bêtes aussi facilement qu’avant et leur transport est réglementé.
Selon lui, c’est la divagation des troupeaux en Corse qui a contaminé une partie de son élevage : « le lien épidémiologique était un lien de voisinage ».
En 2016, dans des élevages de Haute-Corse, 65 bovins confirmés positifs à la tuberculose bovine ont été abattus.

Plus de 100 communes du département sont classées à risque par les services vétérinaires.

Situation préoccupante

« La situation et préoccupante en Haute-Corse parce que pratiquement toutes les microrégions qui sont touchées par un foyer de tuberculose. Tout le monde pensait que la tuberculose était derrière nous. Là on se rend compte qu’elle est toujours très présente. Il y a déjà un grand travail qui est fait, il faut qu’il porte ses fruits », explique Annick Havet chef de service santé protection animale et végétale à la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations de Haute Corse.

La lutte contre la maladie passe par la prévention de la maladie et l'indemnisation des éleveurs touchés : 1900 euros par vache positive abattue.
Des mesures de prévention s'appliquent aussi aux élevages indemnes sur les communes sous surveillance. Les exploitations y sont contrôlées tous les ans, deux fois plus qu'ailleurs.

Transmissible à l'homme

La tuberculose bovine est aussi pistée à l'abattoir. Même si la maladie n'empêche pas la viande d'être comestible, tous les animaux font l'objet de prélèvements. L'an dernier, dans les prélèvements effectués à Ponte-Leccia, la maladie a été détectée sur 71 bovins mais aussi 14 carcasses de cochons. Car la tuberculose bovine est contagieuse pour les autres espèces.

Il est recommandé aux personnes en contact avec les animaux atteints de se faire examiner car la tuberculose bovine est transmissible à l'homme. En Corse, aucun cas  humain n'a été signalé pour l'instant.

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