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Xylella : la destruction des végétaux près des oliviers infectés validée

Archives / © EPSA / http://www.efsa.europa.eu/
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La Commission européenne peut ordonner la destruction obligatoire des végétaux situés dans un rayon de 100 mètres autour d'un végétal infecté par la bactérie tueuse xylella fastidiosa, qui touche en particulier les oliviers dans le sud de l'Italie, a tranché jeudi la justice européenne.

Par France 3 Corse avec AFP

"Cette mesure est proportionnée à l'objectif phytosanitaire dans l'Union et elle est justifiée par le principe de précaution", estime la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE).

Apparue en 2013 dans les Pouilles (sud de l'Italie), sous une forme dévastatrice pour les oliviers, la bactérie xylella fastidiosa affecte de nombreuses plantes, dont elle peut provoquer la mort par dessèchement. 

Une sous-espèce qui ne s'attaque pas aux oliviers a ensuite été observée en 2015 en Corse et dans les Alpes-Maritimes (sud de la France) sur des arbustes d'ornement exotiques et en Espagne sur des plants de genêts.

En 2015, la Commission européenne a imposé la destruction de tous les végétaux susceptibles d'être infectés par cette bactérie, qu'ils soient sains ou non, situés dans un rayon de 100 mètres autour d'une plante ou d'un arbre touché. 

Des propriétaires italiens d'oliveraies, contraints d'abattre des oliviers sains parfois millénaires ont saisi la justice administrative italienne, qui a suspendu
l'ordre de destruction avant d'interroger la Cour européenne. 

Le porte-parole de la Commission pour la Santé, Enrico Brivio, qui estime que la destruction des végétaux est "l'option disponible la plus efficace pour assurer l'éradication de cet organisme nocif", a salué un "arrêt important (...) pour apporter de la clarté, atteindre et maintenir un haut degré de protection phytosanitaire".

"Nous espérons que les autorités italiennes appliqueront les mesures qui ont été décidées", a-t-il ajouté.

En Italie, le président de la Coldiretti, la principale confédération d'agriculteurs dans les Pouilles, Gianni Cantele, a dénoncé une "nouvelle étape dramatique". "L'UE agit à la manière de Ponce Pilate, elle s'en lave les mains", renvoyant "la patate chaude au gouvernement italien et à la région", en particulier sur la question des indemnités à verser aux oléiculteurs touchés, s'est-il insurgé.

La Cour européenne a pourtant assuré avoir rendu sa décision "à lumière des principes de précaution et de proportionnalité". Elle a ainsi relevé dans son arrêt que la bactérie était transmise par des insectes piqueurs suceurs, les cicadelles, dont la portée de vol "est limitée, en moyenne, à une centaine de mètres" et que les végétaux contaminés pouvaient "être exempts de symptômes".

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