Foot féminin : l'effet coupe du monde se prolonge dans les clubs amateurs

Petite fille qui fait son entrée au club de football de Crussol, Ardèche / © France 3 Rhône-Alpes / N. Ferro
Petite fille qui fait son entrée au club de football de Crussol, Ardèche / © France 3 Rhône-Alpes / N. Ferro

Près de 200 000 filles licenciées dans un club de foot pour cette saison 2019/2020. C'est toujours 10 fois moins que les garçons mais le chiffre est en nette augmentation dans toutes les régions. Et partout, la même réponse, le fameux "effet coupe du monde".

Par Marie Pujolas


L'école a repris, tout comme les activités du mercredi. Et pour des milliers de petites filles, il est l'heure d'essayer sa paire de crampons et de faire ses premières passes. C'est le cas au club de football de Rhône-Cruselle en Ardèche. Ici, 70 filles sont inscrites au club et il y  a maintenant 3 équipes 100% féminine dans les plus de 11 ans, du jamais vu. D'ailleurs un éducateur est en cours de recrutement pour faire face à la demande. Un club précurseur qui n'a pas attendu la coupe du monde féminine de cet été pour accueillir correctement et encadrer les équipes féminines. Mais ici, tout le monde sait que la compétition a eu beaucoup d'effet sur les plus jeunes. Partout en France, les demandes de licences féminines ont augmenté de 15 à 30 % selon les régions. Elles choisissent désormais le foot par plaisir et ne manquent pas d'ambition.
réactions après le premier entrainement

Le nombre de licenciées a doublé en 10 ans en Drôme-Ardèche

En Drôme-Ardèche, le nombre de filles licenciées a doublé en 10 ans. Un vrai succès mais les structures ne suivent pas toujours, notamment dans des départements ruraux. A partir d'un certain niveau, les jeunes footballeuses sont contraintes soit d'arrêter, soit d'accepter de faire beaucoup de kilomètres pour continuer à s'entraîner. Et souvent, elles choisissent d'arrêter. Malgré tout, de nombreux efforts sont faits. Au club de Rhône-Crussol, les parents voient l'évolution. "C'est entré dans les moeurs" explique le papa d'une jeune footballeuse. "Ça semble normal de faire du foot quand on et une fille, maintenant. Alors qu'il y a encore 10 ans, on n'en parlait même pas".

La mixité dans le sport-étude, une première dans le Jura

Si les jeunes filles sont de plus en plus nombreuses dans les clubs de nos régions, elles investissement aussi les sections sport-études des lycées. A Dole, dans le Jura, le lycée Jacques Duhamel propose désormais une section de foot mixte, qui a accueilli ses premières élèves. Elles ne sont que 4 sur 26 joueurs, mais elles sont ravies de pouvoir concilier leurs études et leur passion.

Des entraînements séparés

Une fois sur le terrain, les garçons et les filles sont pourtant séparés. Mais ici, il ne  s'agit en aucun cas de sexisme selon Abdelhak El Fadil, l'entraineur. Ici, tout est une question de physique et de confiance. "Les garçons sont souvent plus costauds et pourraient les blesser. Et puis on veut éviter une perte de confiance pour celles qui réussissent moins bien. Donc on les sépare pour leur permettre de progresser à leur rythme". Mais preuve que les mentalités changent, l'un des jeunes footballeurs regrette de ne pas partager plus de moment sur le terrain avec les filles. Il en est persuadé, elles peuvent leur apprendre beaucoup. 
 
Réaction Gaël Dejeux, lycéen et footballeur

 

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