L'Etat peut-il nationaliser Florange ?

Arnaud Montebourg à Florange le 28/09/2012. / © France Télévisions Lorraine
Arnaud Montebourg à Florange le 28/09/2012. / © France Télévisions Lorraine

Oui, l'Etat peut prendre une partie, même majoritaire du capital de Florange pour sauver les emplois, cela est déjà arrivé par le passé. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

Par Jean-Christophe Dupuis-Remond

Nationaliser la filière chaude de Florange (mais la filière chaude dans son intégralité, pas uniquement la partie que Mittal veut fermer et se dit prêt à céder) afin d'en sauver les emplois est techniquement possible, il suffit que l'Etat prenne une majorité du capital de l'entreprise nouvellement créée.

Cela est éventuellement envisageable. Si Mittal accepte finalement de céder la filière complète (pourquoi pas à l'occasion de la réunion de mardi à l'Elysée...), si le gouvernement trouve un partenaire industriel solide, fournisseur de débouchés à la production, si les installations (au moins l'un des deux hauts-fourneaux implantés à Hayange) sont en état de fonctionner après une pause peut-être trop longue et si la main d'oeuvre se trouve encore en Lorraine.
Beaucoup de si, dont certains très improbables.

Et cela s'est déjà produit : pour  la « Compagnie ferroviaire de l'Ouest », en difficulté financière en 1907 et en 1919 pour les mines de potasse d'Alsace. Des nationalisations à caractère économique. (voir le document. Pdf - 196ko)

Mais il ne s'agit pas bien sur de nationaliser le site intégral de Florange ce que pourrait cependant faire l'Etat selon Les Échos : le site de Florange est inscrit au greffe du tribunal de commerce de Nancy et l'État peut le reprendre sans l'aval de son propriétaire moyennant indemnisation.

Par ailleurs ArcelorMittal emploie près de 20.000 salariés sur plusieurs autres sites en France et il est un partenaire important pour de nombreux industriels dont les fabricants automobiles. Le bras de fer engagé par le gouvernement et les propos de Montebourg ne peuvent être finalement que mesurés : la France, les salariés, les industriels et l'économie aurait beaucoup à perdre d'un départ du groupe indien de l'Hexagone.

Dès lors, quand bien même d'ici samedi 1er décembre 2012, une solution sur la cession de la filière chaude intégrale était trouvée entre la France et Mittal, d'autres questions, sous-jacentes, apparaîtraient au grand jour.
Elles interpellent déjà de nombreux économistes :
contrôler Florange pour en faire quoi ? Avec quelle stratégie industrielle ? Pour quels débouchés ? Et sur quelle durée ?

L'analyse économique du projet de nationalisation par Patrice Geoffron, du centre géopolitique de l'énergie :



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