Transcom Raon-l'Etape : les salariés ne raccrochent pas

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Écrit par France 3 Lorraine
© France 3 Lorraine, Lionel Courchinoux

Malgré le redressement judiciaire prononcé jeudi 10 janvier 2013, les employés du centre d’appel de Transcom à Raon-l’Etape (88) étaient réunis en assemblée générale mardi 22 janvier, à l’appel de la CGT.

«Dramatique» c’est l’adjectif employé par Michel Humbert maire de la commune de Raon-l'Etape pour définir la possible disparition de l’entreprise Transcom. Près de deux semaines après l’annonce du plan de redressement prononcé par le tribunal de commerce de Versailles, rien ne semble pouvoir décourager les employés de Transcom, plus que jamais déterminés à sauvegarder leurs emplois malgré la situation délicate de l’entreprise.
Celle-ci s’explique par les départs, depuis 2006 de gros clients tels que SFR.
Malgré les 58 million d’euros injectés par la société Transcom WorldWide dans son centre de Raon-l’Etape en 4 ans et les quelques 4 million d’euros investis par la commune, l’entreprise est restée engluée dans les difficultés financières. Si le site vient à fermer ses portes le 7 février 2013, la mairie aura un crédit de 13.000 euros à payer par mois jusqu’en 2015.


L’avenir, c’est aujourd’hui !

« Pour nous, la déception principale n’est pas la perte d’argent mais plutôt celle d’emploi. C’est l’entreprise la plus importante de la ville » affirme le maire de Raon-l’Etape, avant d’ajouter : « quand on connaît le contexte de l’emploi sur le secteur, on craint que beaucoup de femmes se retrouvent dans la précarité. Je comprends l’angoisse des personnes qui pourraient se retrouver confronté à cette situation. On fait tous les efforts pour voir comment on peut sauver les emplois ». En 3 ans, l’entreprise est passée de 500 à 230 emplois. Ce sont environ 80% de femmes qui travaillent dans le centre d’appel. La plupart sont des mères de famille entre 35 et 40 ans. Quelques représentants de la CGT présents lors de l’assemblée du Mardi 22 janvier 2013 se sont montrés inquiets quant à l’avenir de cette commune touchée par un taux chômage à 16%  soit 600 chômeurs.
« Ça fait 13 ans que je travaille ici et à chaque fois que je reviens de congé parental, on me dit que ça va fermer. Mais cette fois-ci je pense que c’est plus délicat que les autres fois. Cela dit, je garde une lueur d’espoir » confie Aurélie mère de trois enfants. Les salariés reprochent à Transcom WorldWide de ne pas apporter de solutions productives, pire ils dénoncent leur manque d’implication dans la recherche de repreneurs. « On ne veut pas attendre le 7 février à 23h59 avant d’agir ! Notre avenir se joue aujourd’hui, c’est maintenant qu’on doit sensibiliser l’état et les pouvoirs publics. Il faut aussi se demander pourquoi aujourd’hui on en est là, pour nous il y a une mascarade depuis quelques années. C’est un coup volontaire de Transcom WorldWide qui ne nous a pas proposé pas de clients viables » révèle consterné M. Toussaint délégué syndical représentant des salariés.
En ce qui concerne la direction de l’entreprise, elle affiche un refus catégorique de communication pour l’instant. Pour l’heure, Les deux gros clients qui maintiennent encore l’emploi jusqu’en Août prochain sont : Ebay et Paypal. Le problème est qu’ils imposent des tarifs trop faibles pour équilibrer les comptes de l’entreprise. En ayant les mêmes exigences financières à Raon-l’Etape que dans les pays offshore, ils créent pour Transcom un déficit annuel très important. Le groupe Transcom WorldWide ne voit donc plus l’intérêt de garder des entreprises en France qui leur coûtent du capital. C’est du moins le point de vu des actionnaires qui souhaitent avoir un retour sur investissement.
Quoiqu’il en soit, la situation ne peut plus durer ainsi. Il reste deux solutions pour les salariés vosgiens : Soit Ebay et Paypal acceptent de les rémunérer davantage, ou soit un repreneur en France se propose.

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