L'enquête publique sur le projet SECOIA est ouverte dans l'Aube et dans la Marne

Des obus de la Première Guerre Mondiale. / © Photo : Philippe Huguen / AFP
Des obus de la Première Guerre Mondiale. / © Photo : Philippe Huguen / AFP

S.E.C.O.I.A. pour "Site d'Elimination de Chargements d'Objets Identifiés Anciens" la précision est importante pour ceux qui n'ont jamais entendu parler du projet et qui pensent immédiatement aux arbres géants Séquoias. SECOIA donc. Un projet qui suit son cours. L'enquête publique est lancée.

Par Caroline Jouret


Le programme SECOIA (site d'élimination de chargements d'objets identifiés anciens) a pour objectif la construction d'une installation, destinée à détruire les munitions chimiques issues de la Première Guerre mondiale et des composés toxiques associés, sans intervention humaine directe.
Ce programme va de pair avec l'entrée en vigueur de la convention d'interdiction des armes chimiques (CIAC) en 1997.
Ce projet d'installation d'un site de destruction d'obus chimique de la première guerre mondiale doit prendre forme à Mailly-le-Camp (Aube).
Cette installation SECOIA s'inscrit dans la politique du ministère de la Défense en matière de développement durable.
Les autorités institutionnelles ont largement communiqué sur ce projet, notamment la préfecture de l'Aube, et ont insisté sur le fait que le site de destruction sera respectueux de l'environnement.

Détonations dans une enceinte blindée
La construction d'une usine sécurisée "pyrochimiquement"  a été confiée par le Ministère de la défense, en Mai 2011,  à l'entreprise ASTRIUM (première entreprise européenne en matière de technologies spatiales). 
La manutention des munitions sera entièrement télé-opérée, du déchargement jusqu’à la destruction des munitions actuellement stockées par le ministère de l’Intérieur à Suippes (Marne).
La solution technique retenue par Astrium pour la destruction de ces armes, est basée sur leur détonation dans une enceinte blindée.
Elle a prouvé son efficacité opérationnelle dans plusieurs pays dont la Belgique qui la met en œuvre avec succès depuis plusieurs années dans une usine inaugurée en 1998 à  Poeelkapelle . Cette usine a d'ailleurs été ultérieurement dotée d'une chambre de détonation blindée. En Belgique le démantèlement des munitions chimiques toxique de la première guerre mondiale fait partie des missions du SEDEE (le Service d'Enlèvement et de Destruction d'Engins Explosifs)
A Mailly-le-Camp, SECOIA prévoit la destruction automatisée de 42 tonnes de munitions chimiques par an à compter de 2016.

L'enquête publique auprès de la population de l'Aube et de la Marne est donc ouverte depuis le 1er Mars et jusqu'au 13 avril.
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Lancement de l'enquête SECOIA

Sur tous les territoires où les combats ont fait rage pendant la première guerre mondiale la terre recèle des milliers de tonnes de munitions. De nombreux scientifiques ainsi que des associations ont étudié le problème et ses conséquences. A  ce titre l'enquête menée par la journaliste Isabelle Masson-Loodts, "Paysages en Bataille" soutenue par le Fonds pour le Journalisme est assez édifiante.

 

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