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Un encadrement strict de la cigarette électronique, selon des recommandations d'experts

Interdiction de "vapoter" dans les lieux publics, vente dans des établissements agréés, accès interdit aux mineurs, la cigarette électronique devrait faire l'objet d'un encadrement assez strict, selon des recommandations d'experts qui seront rendues publiques ce mardi.

© Photo : Kenzo Tribouillard / AFP
Le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue et président de l'Office français de prévention du tabagisme confirme qu'il présenterait une vingtaine de recommandations sur l'utilisation de cette cigarette qui connaît un engouement croissant mais divise les tabacologues, lors d'un colloque organisé ce mardi au ministère de la santé.

Pour sortir du tabagisme, il faut trouver un compromis (Pr Dautzenberg)




Une invention chinoise

Différents modèles, différentes couleurs, différents design
Différents modèles, différentes couleurs, différents design © France 3 Champagne-Ardenne
Inventé en Chine en 2005, l'appareil présente à son extrémité une diode simulant visuellement la combustion et contient une cartouche dont la solution s'échauffe au contact d'une résistance. Des flacons de "e-liquides", composés de propylène glycol ou de glycérol, de divers arômes et éventuellement de nicotine, permettent de recharger la cartouche usagée.
Selon les fabricants, le produit serait utilisé par 500.000 personnes en France mais, pour le Pr Dautzenberg, le nombre d'utilisateurs pourrait déjà atteindre le million, avec un chiffre d'affaires avoisinant les 100 millions d'euros, équivalent au marché des produits permettant d'arrêter le tabac. Mais son efficacité pour arrêter de fumer tout comme sa nocivité continuent à faire l'objet d'un vaste débat chez les tabacologues.

La e-cigarette interdite dans les lieux publics

Selon des sources ayant eu accès au rapport du Pr Dautzenberg, il est confirmé que parmi les recommandations figurait l'interdiction de la e-cigarette dans les lieux publics, à l'instar de ce qui se passe déjà pour le tabac. Mais le rapport préconise également son interdiction aux mineurs de crainte qu'elle ne favorise l'initiation au tabac chez les jeunes, ou encore qu'elle ne soit vendue que dans des établissements agrées. Les règles s'appliquant à la publicité pour le tabac devraient également être transposées à la cigarette électronique, selon le rapport.
Des nouvelles boutiques fleurissent dans le villes.
Des nouvelles boutiques fleurissent dans le villes. © France 3 Champagne-Ardenne

Taux de nicotine

© France 3 Champagne-Ardenne
Les recommandations incluraient l'obligation pour les fabricants d'apporter la preuve de l'innocuité des arômes utilisés et de limiter la quantité de nicotine utilisée à 18mg/ml contre une concentration maximale actuelle de 20 mg/ml. Un projet de directive européenne propose même d'abaisser ce taux à 2mg/ml, ce qui dissuaderait totalement les fumeurs, selon le Pr Dautzenberg. Le pneumologue souligne également que l'utilisation de la forme liquide est "un moyen propre de prendre de la nicotine" surtout pour les gros fumeurs. Il se déclare en revanche extrêmement réticent en ce qui concerne les mineurs pour lesquels la e-cigarette constitue "un boulevard d'entrée potentiel dans le tabagisme".

La cigarette électronique, une thérapie ?

Selon une étude récente faite à Paris, 64% des jeunes de 12 à 14 ans qui avaient essayé la e-cigarette n'avaient encore jamais fumé auparavant, souligne le Pr Dautzenberg.
En 2008, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait estimé que ces cigarettes ne pouvaient pas être considérées comme une thérapie légitime permettant d'aider les fumeurs à cesser de fumer. Elles sont interdites dans plusieurs pays, dont la Turquie, le Brésil, l'Argentine et Singapour.
Le fabricant de e-liquide Fuu a estimé, dans un communiqué, qu'une interdiction dans les lieux publics "menacerait le marché émergent de la cigarette électronique". Selon lui, l'encadrement de ces produits reviendrait à "tuer dans l'oeuf l'émergence d'une approche fondée sur le plaisir".

La Confédération des buralistes réclame pour sa part que les cigarettes électroniques soient vendues exclusivement par les bureaux de tabac. "Nous demandons aux pouvoirs publics que le réseau agréé soit le réseau des buralistes", a indiqué Pascal Montredon, président de cette confédération.
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